Minorités noires de France et d’Europe : qui sommes nous d’où venons-nous et où allons-nous?

Posté par le 02 avril 2013. inséré dans A la Une, Races et minorites.

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Notable British people of Black African descent

La population noire a pris sans conteste aujourd’hui  une place non négligeable dans l’Union Européenne, même si majoritairement nous vivons de problèmes de discrimination et des difficultés d’intégration sociale qui, à beaucoup d’égard, nous rapprochent de la situation que connaissent les noirs aux Etats-Unis. Cependant, la minorité noire vivant en France et en Europe présente aussi des différences très nettes par rapport aux noirs américains. On peut difficilement parler, dans l’Union Européenne, d’une « communauté noire » au même titre qu’aux Etats Unis, car la situation des noirs en Europe est très hétérogène et, les problèmes auxquels ils se heurtent, de même que les politiques qui visent à les traiter, sont différents de ce qu’on rencontre de l’autre coté de l’Atlantique.

Une population noire moins nombreuse et plus hétérogène qu’aux Etats Unis.

Tout d’abord, globalement, nous les noirs sommes beaucoup moins nombreux dans l’Union Européenne qu’aux Etats Unis. C’est seulement dans certains pays comme la France ou la Grande-Bretagne qui ont  développé une politique coloniale à partir du 16e siècle, que les noirs constituent une population importante. Des statistiques (non officielles pour certaines) estiment la population totale des Afro-européens entre  10 et 12 millions de personnes. Ce qui représente environs 2% des 500 millions d’Européens. A titre de comparaison, aux Etats Unis, il y a 35 millions de noirs et ils représentent plus de 13% de la population américaine. C’est dans les pays Européens suivants que les noirs sont en plus grande proportion :

• En France : 4 à 6  millions, soit entre 6% et 9% de la population totale

• En Grande-Bretagne : 3 millions, soit 4,7%

• En Allemagne : 0,8 à 1 millions, soit 1%

• Aux Pays-Bas : 0,5 million, 5%

• En Espagne : 0,5 million, un peu plus de 1%

• En Italie : 0,37 million

• Au Portugal : 0,25 million

• En Belgique : 0,15 million.

En Suède, en Suisse et au Danemark, il y a aussi plusieurs dizaines de milliers de noirs.

Des traitements différents selon les pays eu sein même de l’Europe

Des points de vue juridique et statistique, les pays membres de l’Union Européenne traitent les communautés de manière différenciée. La Grande-Bretagne par exemple identifie une « Communauté Noire » sous le vocable « Black and Ethnic Minority » et la prend en compte dans ses statistiques officielles. La Hollande dénombre également les ressortissants du Surinam, des Antilles Néerlandaises, d’Afrique et les métis.

D’autres pays reconnaissent des « Minorités Ethniques »,  mais n’identifient pas de minorité noire spécifique, celle-ci n’étant pas en nombre significatif. La France, bien qu’ayant la plus forte population noire d’Europe, ne reconnait dans sa constitution que des « citoyens », donc des individus. Elle ignore toute notions de race, d’ethnie ou de « communauté et, de ce fait, s’interdit d’établir des statistiques démographiques sur ces bases. Par conséquent, il n’existe aucune donnée officielle sur la population noire de France.

D’autres pays, tels que la Belgique et la Suisse adoptent une position similaire à celle de la France.

Enfin, en plus d’être différenciée selon les pays, cette population noire est très hétérogène, car elle s’est constituée par vagues successives, au cours de ces 4 derniers siècles par des apports d’origine très diverses, les principales vagues étant arrivées après la seconde Guerre mondiale.

Les vagues successives d’immigration noire au fil du temps

La composition actuelle des communautés noires en Europe s’est faite au fil des vagues d’immigrations successives. On peut aujourd’hui distinguer plusieurs groupes dans les minorités ethniques noires vivant dans l’Union Européenne.

1. La vague d’esclaves et de colonisés.

Un premier groupe est constitué par ceux qui sont arrivés depuis plusieurs générations dans les pays d’Europe. En France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, ils sont d’origine caribéenne majoritairement. Ils se sont ajustés aux possibilités que leur offrait la société d’accueil. Ils ont, pour la plupart, la nationalité de leurs pays d’accueil. Si l’on exclue les noirs amenés en Europe par la colonisation musulmane (beaucoup se sont fondus dans les populations), on peut  considérer que les premiers groupes de noirs, en nombre significatif, sont arrivés en Europe dans le cadre de la colonisation et de l’esclavage du 16e au 19e siècle.

Dans une seconde phase, des noirs issus des colonies participent aux deux Guerres mondiales dans les rangs des armées française, britannique ou américaine.  Après leur démobilisation, un certain nombre d’entre eux ne retourneront pas dans les colonies, mais se fixeront en Europe.  Les arrivants de cette première étape sont aujourd’hui plus ou moins complètement assimilés dans les sociétés européennes.

2. La vague post-guerre et les habitants des territoires annexés : 1945 – 1980

La seconde vague commence après la 2eme guerre mondiale. Il s’agit d’une immigration qui s’amplifiera progressivement. Ce sont d’abord des travailleurs originaires surtout des Caraïbes. Ensuite, ils seront de plus en plus nombreux à venir d’Afrique. Dans une première phase qui va jusqu’aux années 1960-70, ils répondent à une forte demande de main d’œuvre se développant avec la reconstruction européenne d’après guerre. Puis, dans une phase suivante qui commence avec la fin des « trente glorieuse » et qui se poursuit avec la crise de la mondialisation, ils fuient la misère dans leurs pays d’origine et se heurtent aux barrières et contraintes de plus en plus fortes que leur opposent les pays d’accueil à partir des années 1970. Il s’ensuivra d’ailleurs un fort accroissement de l’immigration illégale.

Par ailleurs, il y a les habitants des ex-colonies insulaires de certains pays européens. Ils ont obtenu la citoyenneté de leurs anciennes métropoles coloniales, par la transformation, dans les années 1950-60, de leurs territoires, en partie intégrante de nations européennes. Ce sont les DOM, les Collectivités d’Outre-mer et les Pays et Territoires d’Outre-mer de la France (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Saint-Martin, Mayotte, Tahiti, Nouvelle-Calédonie), des Pays-Bas (Aruba, Curaçao, Bonnaire, Saint-Martin) et de Grande-Bretagne (Bermudes, Îles Vierges Britanniques, Anguilla, Montserrat). Ils représentent entre 2,5 et 3 millions de citoyens, dont une majorité de noirs. On peut à juste titre les considérer comme afro-européens puisque leur citoyenneté européenne leur permet de circuler et s’établir librement dans l’UE.

3. Les Africains récemment immigrés.

Un troisième groupe est formé par les nouvelles vagues d’immigrants provenant principalement d’Afrique Sub saharienne depuis les années 1970-80 jusqu’à aujourd’hui. Si les plus anciens arrivants ont la nationalité de leur pays d’accueil, les plus récents ne l’ont pas. Ils en maîtrisent souvent moins la langue ou en connaissent moins les lois et les mœurs profondes. Cette catégorie est nombreuse en France, Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie…Souvent, elle constitue les couches les plus pauvres du prolétariat des pays qui les accueillent. En général, le parcours et le motif d’immigration de ces immigrés récents (études, regroupement familial, immigration clandestine….) déterminera leur capacité et leur rapidité à réussir leur intégration dans la nouvelle société. Un étudiant venu poursuivre des études supérieures ou une formation de haut niveau par exemple n’aura besoin que de quelques années pour s’intégrer.

Dans ces conditions, on peut difficilement parler d’une « communauté noire » ou d’une « minorité ethnique noire » homogène dans l’UE. Ceci d’autant qu’il existe au préalable de grands différences linguistiques et culturelles entre les différentes populations noires.

En effet, dans chaque pays européen, les noirs doivent assimiler la langue, voire dans certains cas, la culture  du pays d’accueil, s’ils veulent s’y intégrer : le français dans les pays francophones, l’anglais en Grande-Bretagne, l’allemand en Allemagne…etc. De plus, dans chaque pays, ces populations sont non seulement composées de groupes parlant des langues différentes et ayant des mœurs différentes en fonction de leurs régions d’origines (Ouest-africains, Nord Africains, Sud africains, Caribéens…etc), mais de plus, au sein des populations originaires d’une même région, il peut y avoir de fortes différences en matière linguistique, culturelle, religieuse…etc C’est dire que la population noire européenne est bien plus hétérogène que la Communauté Afro-Américaine qui, du fait de son ancienneté sur le territoire américain, pratique une même langue l’anglais et est largement imprégnée de la culture américaine. De plus, sa lutte pour l’intégration remonte au début du 19e siècle.

Les problèmes d’intégration et les revendications

La discrimination par la couleur de peau se ressent partout avec plus ou moins la même force. C’est d’ailleurs le seul réel dénominateur commun de tous des noirs. Cependant, quels que soit les particularismes, dans les pays de l’Union Européenne, une majorité de noirs subit fortement des discriminations et des difficultés d’intégration, liées à sa couleur de peau. En 2007, selon l’Eurobaromètre, 59% des personnes interrogées considéraient que la couleur de peau était une cause majeure de discrimination. Pour répondre à cette situation, depuis les années 1970-80, des mouvements revendicatifs qui luttent contre les discriminations, ce sont développés dans plusieurs pays de l’Union Européenne, en particulier, en Grande-Bretagne, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne… En France, SOS-Racisme (dont le slogan était « Touche pas à mon pote ») lancé par Harlem Désir (dont le père est d’origine martiniquaise), et Julien Dray (d’ascendance juive), a connu un succès remarquable dans  les années 1980. Ces mouvements réclament :

• L’égal accès au marché du travail, aux emplois publics élevés

• L’égal accès à l’école et aux enseignements d’élite

• Accès au logement

• L’accès à la nationalité

• L’accès à la participation politique et aux postes électifs nationaux (député, sénateur)

• Le respect de la personne, des cultures, religions et langues minoritaires

• Que cessent les discriminations de toutes sortes.

De telles revendications ont été à l’origine de manifestations de grande ampleur, voire même de révoltes raciales dans les banlieues des grandes villes, en Grande Bretagne et en France dans les années 2000 . Les politiques officielles d’intégration restent timides et ont régressé avec la crise. Face à ces revendications, des  politiques de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits des minorités ont été développées.

Mais un autre obstacle réel est qu’elles ne sont pas identiques d’un pays à l’autre, ni à l’échelle de l’Union Européenne. C’est seulement en Grande-Bretagne que les textes et institutions ciblent directement les « minorités noires ». En France, compte tenu de l’options légale de non reconnaissance d’une communauté noire, ils ciblent l’ensemble des minorités qu’elles soient noires, handicapées ou autres. Aussi, alors qu’en Grande-Bretagne a été créé dès 1976, un Conseil pour l’Egalité Raciale, présidé actuellement par Trevor Philips, un noir qui s’est fait connaître par ses actions pour l’égalité des noirs, en France, la Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l’Egalité (HALDE) n’a été créée que tardivement en 2005 (et dissoute en 2011) et avait vocation à entendre tous les cas de discriminations quelque en soient les victimes (noirs, roms, juifs, handicapés…). Sa remplaçante le Défenseur des droits est présidée par Dominique Baudis (qui présidait auparavant la HALDE), un homme politique dont on ne peut pas dire qu’il s’est fait connaitre comme militant de l’anti-discrimination!

Deux modèles d’intégration s’opposent en Europe.

Le modèle d’intégration est donc bien différent selon les pays. La France développe une conception « assimilationniste » de l’intégration, tandis que l’Angleterre a retenu un modèle « multi-culturaliste ». Dans le premier cas, l’intégration suppose que les minorités abandonnent leur culture d’origine et adoptent la culture majoritaire pour accéder aux biens et prestations publiques (Travail, éducation…). Les cultures propres aux minorités ne sont pas reconnues, ni prises en compte. Dans l’autre cas, le modèle multi-culturaliste,  même si l’accès à la culture majoritaire demeure essentiel pour permettre l’intégration, les minorités ne sont pas tenues d’oublier leur culture spécifique. Celle-ci est prise en compte par les autorités.

Dans le même temps, la législation des autres pays-membres de l’Union, ainsi que la législation des autorités européennes elles-mêmes (Conseil Européen, Commission Européenne, Parlement Européen…) s’inspirent d’avantage du modèle multi-culturaliste que du modèle assimilationniste. Mais, comme la plupart des autres pays n’ont pas de « communauté noire », leur législation et institutions ciblent les minorités quelles qu’elles soient : émigrants, juifs, roms, homosexuels…handicapés ! Face à la crise financière actuelle, dans plusieurs pays où le multiculturalisme était de tradition, des mesures contraignantes ont été imposées aux travailleurs immigrants, par des gouvernements conservateurs.

En Grande-Bretagne, David Cameron a pris ses distances par rapport au modèle multiculturel britannique, tandis qu’en Allemagne  Merkel  en prononcé l’acte de décès du multiculti. En France, dont la tradition assimilationniste n’était déjà pas accommodante,  Sarkozy a durci sa politique en lançant l’an dernier la circulaire Guéant visant à décourager l’embauche d’étudiants étrangers. Ces dirigeants ont voulu exploiter ainsi le sentiment xénophobe qui traditionnellement se développe dans les couches les plus touchées par la crise.

Même si certaines de ces décisions ne visent pas directement les « noirs » mais juste une poignée d’immigré récents, elles créent une ambiance générale qui renforce les discriminations informelles à l’égard de personnes non-européennes. C’est peut-être la raison pour laquelle l’Eurobaromètre de 2009 a noté que la proportion d’européens considérant les couleurs de peau comme une source principale de discrimination était passé à 62% ! Certains efforts d’intégration ont été réalisés par des acteurs non-étatiques On doit cependant reconnaître que dans les entreprises et la société civile, des résultats intéressants ont pu être enregistrés.

En France, pour permettre aux jeunes issus des banlieues d’accéder au cursus et aux carrières de l’élite, des efforts ont été faits par des « Grandes Ecoles » (Sciences Po, HEC). De la même manière, certaines entreprises (dont des multinationales) ont développé des programmes visant à favoriser la « diversité » dans leur politique de recrutement. Beaucoup ont constaté que cela leur permettait de progresser : innovation, nouveaux marché, meilleure image et réputation, productivité plus élevée…

Les pays à forte populations noire restent ceux où les noirs ont moins de chances de réussir

Notons pourtant qu’il n’y a eu aucun recours à des politiques de quotas comme aux Etats Unis, et que même lorsque certaines « actions positives » ont été retenues, elles sont restées en deçà des « affirmatives actions » qui ont pu être lancées aux Etats Unis. Les pays à forte présence des noirs sont paradoxalement ceux dont les résultats sont les plus médiocres. Les différentes politiques appliquées dans les pays Européens ne peuvent qu’avoir de résultats différents d’un pays à l’autre. On peut tenter de mesurer l’impact de  ces politiques en utilisant l’indice MIPEX.

Cet indice retient  un certain nombre de critères dont il évalue la performance pour chaque. Ce sont : l’accès au marché du travail, la possibilité de réunir sa famille, l’accès à l’éducation, la possibilité d’obtenir une résidence à long-terme, l’accès à la nationalité.  A partir de ces données, il classe les pays en fonction du score total.  En 2011, le classement était le suivant : 1er la Suède 2e le Portugal 3e la Finlande 5e les Pays-Bas. Selon ce classement le Canada serait en 3e position avant la Finlande, les USA en 9e avant l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre et la France qui figure en 15e position.

Le très bon classement de la Suède semble du au fait que ses autorités ont développés des politiques très actives pour favoriser l’intégration telles que le programme de « Re-entry Jobs », contrats défiscalisés pour un retour à l’emploi des immigrés, et surtout le programme de »Step-in-jobs » destinés aux nouveaux arrivants pour leurs permettre de trouver un premier emploi. Ces politiques allient la mise en place d’emplois aidés dans le privé ou le public, à des cours de langues.

Compte tenu de ces observations, on peut dire que non seulement les politiques d’intégration sont plus efficaces en Amérique du Nord et dans les pays de l’Union Européennes en générale, mais que surtout, ces politiques sont particulièrement insuffisantes dans les grands pays européens à forte « communauté noires ».

En France, le nouveau gouvernement socialiste annonce-t-il une nouvelle ère ?

Au-delà de cette appréciation globale, on ne peut s’empêcher de constater que certaines évolutions se font jour, qui sont peut être porteuses de changements plus profonds à terme. Du 19 au 19 avril 2009 s’est tenu au Parlement Européen le premier et historique « Sommet Noir Européen sur le Dialogue Transatlantique et l’Inclusion Politique » , à l’initiative de la Commission Helsinky, avec la participation, notamment, de Représentants noirs du Congrès américains, d’élus noirs et d’origine indiennes de différents pays européens , dont Harlem Désir, député européen. Une importante déclaration, dite « Déclaration de Bruxelles », a été adoptée, reconnaissant les situations de discrimination raciale et les barrières à la participation politique des noirs dans l’Union Européen. Elle propose plusieurs mesures visant à promouvoir l’intégration des noirs à la représentation politique locale, régionale et nationale.

En France, le gouvernement mis en place sous la présidence de François Hollande, il y a trois noirs, dont l’une a été élue à Paris, Pau-Langevin, une originaire de la Guyane, Christiane Taubira et un de la Guadeloupe, Victorin Lurel. De plus, trois autres personnes de métropole ont été élues à l’Assemblée Nationale. Le Premier Secrétaire du Parti Socialiste élu au congrès du PS en octobre dernier, est également un noir : Harlem Désir, fondateur de SOS racisme. Il reste que le choix des ministres étant une décision discrétionnaire du Président et du Premier Ministre, il n’y aucune certitude que le principe de la nomination de noirs au sein des gouvernements français se pérennisera. Et ceci, même s’il y a eu au moins un noir dans chacun des gouvernements mis en place au cours de ces 30 dernières années, sous les présidences de Mitterrand, Chirac et Sarkozy…excepté le gouvernement de Lionel Jospin entre 1997 et 2002!

Une grande part de ce texte s’inspire des travaux de Jean Crusol, économiste de formation, intellectuel et homme politique français originaire de Martinique.

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