Sapologie, niafous, beyoncés coulibaly… où est passé la véritable mode africaine ?

Posté par le 30 août 2013. inséré dans Mode / Beauté.

Sapologie congolaise

Malgré toute bonne volonté, il reste difficile de juger une personne sans prendre en compte son apparence générale, Je ne parles pas d’amitiés ou de relations prolongées mais juste de simples coups d’oeuil sur un ou une inconnue dans la rue. Quand on regarde les noirs dans la rue, que voit-on ? On voit des rastas en dreadlocks, cools et négligés, des fashion victimes (plus victimes que fashion), des « gangstaz » avec leurs accoutrement tout droit importé du Bronx, des mamas en boubou qui ont toujours l’air fraichement débarquées et bien-sûr, on voit les bounties en costume trois pièces ou polo Ralph Lauren… Dans tous ces styles, on a du mal à reconnaitre des noirs fiers mais pire encore, on a du mal à reconnaitre des noirs conscients ! Le rasta est sans doute fier d’être noir mais sa conscience semble toujours troublée par des substances « bizarres », les fashions victimes font mine d’être noirs et fiers alors qu’ils adoptent le comportement le plus toxique pour leur peuple, quant au ganster (genre trop ghetto, t’as vu…) on le soupçonnera toujours d’être impliqué dans des trafics en tout genre. La mama en boubou est de très loin le personnage le plus sympathique, mais malheureusement pour elle, son accoutrement tient plus du folklore que de la mode et revoie une image immobiliste, enfin, le bounty ayant totalement abandonné la bataille de la fierté, il représente le noir accompli et respectable dans les sociétés occidentales ou à influences occidentales. Le plus triste dans tout cela n’est pas l’image catastrophique que les noirs renvoient aux blancs (on ne doit même pas s’en préoccuper), le plus triste est l’image que le noir se donne à lui même, plus triste encore, il n’imagine son accomplissement que dans l’occidentalisation.

Comment remédier à cela ?

Femme du Royaume Loango

Pour en finir avec ce complexe d’infériorité à peine caché, l’homme noir doit apprendre ou réapprendre à ne valoriser que l’excellence Africaine et prolonger cet état d’esprit au delà des apparences. Il s’agirait donc de créer une mode dont l’état d’esprit correspondrait à la définition d’Afrochic, Africain et chic à la foi, chic ne voulant pas dire hors de prix, mais élégant, discret, tendance, imaginatif tout en étant en harmonie avec l’esthétique africaine. Et si ce mouvement peut avoir la mode comme point de départ, il peut aussi contaminer le cinéma, la musique et tous les domaines qui influent sur les populations et marquent leur époque.

Femme Masaï

Alors bien-sûr, le mouvement « afrochic » n’est pas nouveau, mais il est soit incohérent et quasi ordurier (femme défrisée habillée en « sauvage civilisée ») ou soit il est carrément hypocrite car il clame « black is beautiful » en s’adressant aux blancs, le message subliminal étant: Ô grand dieu blanc sauvez moi des autres fauves noirs, moi je suis récupérable…

Donc, le mouvement Afrochic doit s’adresser aux noirs, et leur faire comprendre qu’on ne fera pas rougir un Kamite et qu’il est donc inutile de souhaiter devenir blanc à la place du blanc. Et qu’il appartient aux noirs partout où ils sont d’apprendre à définir leur notion de l’excellence et de l’accomplissement pour la rendre inimitable L’Afrochic se devra donc d’exploiter tout ce qui est propre à la race noire, caractéristiques physiques, cultures noires, histoire africaine, traditions etc. Et comme il est très important que cette notion du « chic » ne magnifie que la race noire, il va de soit que les salons de coiffure-afros doivent être vecteurs de la popularisation de cette mode, premièrement parce qu’on y passe de longues heures à lire ou discuter, il suffit juste d’orienter les lectures et les discussions dans le bon sens ! Et deuxièmement parce seuls les Afro-descendants se rendent dans ces salons, il est donc aisé de s’y retrouver entre noirs. Dans la lignée des salons Afro peuvent émerger boutiques (prêt à porter, droguerie, épicerie…) faisant la promotion de l’esprit Afrochic tout en offrant un débouché à l’économie Africaine et permette aux diasporas Africaines de cesser d’engraisser ceux qui achèvent la mère patrie. Ensuite peuvent être créés, cafés-librairies, restaurants, bars, discothèques, clubs privés…

Pour pourquoi pas aboutir vers des centres commerciaux Afro, c’est un peu combattre le mal par le mal car en effet, alors que la diaspora a de très loin le plus grand potentiel d’action pour redresser l’Afrique, elle reste complètement envoutée par la société de consommation occidentale, la seule solution restante est de faire une entorse à nos beaux principes et lui proposer, au moins un temps, la Renaissance Africaine comme un produit de consommation, mettant en avant l’héritage de l’Afrique (de l’Antiquité à la fin du XIXème siecle), mais aussi sa vitalité, ses couleurs, ses paysages, son ambiance et surtout ses nationalités pour que les gens comprennent que les Etats post-coloniaux n’ont vraiment pas lieu d’être et considèrent les peuples d’Afrique comme de vraies nations qu’ils sont et non comme de vulgaires tribus néolithiques qu’ils ne sont pas (et n’ont jamais été).

 

Hwemudua, Adinkra Ashanti de l'excellence.

Si vous êtes vous même dans la coiffure Afro, dans la mode ou dans le commerce communautaire ou bien si vous connaissez quelqu’un dans un des domaines pouvant intéresser de près ou de loin l’Afrochic, et que les propositions énoncées précédemment vous semblent envisageables, n’hésitez plus ! Et si vous pouvez enrichir ce texte, dites nous tout !

 

Kwanzaa Millenium est un Noir, Fier et Conscient. Ma mission est de promouvoir la fierté Noire et de conscientiser le public Noir face aux problèmes Noirs tout cela avec un point de vue Noir, objectif et émancipé.
AUTEUR: kwanzaa
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7 Commentaires pour “Sapologie, niafous, beyoncés coulibaly… où est passé la véritable mode africaine ?”

  1. Kurtis (5 Commentaires)

    Après avoir découvert vos article sur facebook a travers l’une de vos chronique qui m’avait plus, car elle parlait sans tabou de l’acceptation et l’estime de soi entant que black… je reste assez étonné par ce dernier article !!!

    Entant que jeune styliste et relooker black j’ai pour habitude de rencontrer des black qui ont besoin qu’on leurs rappel combien leurs nez épaté, leurs cheveux crépus et leurs peau ébène font d eux des êtres magnifiques et que se sont des atouts de leur individualité qui leur permet d’exister à part entière et surtout de plaire… je pense que le black dans ca généralité doit effectivement sortir du l eau et se servir de toutes ses richesse qui les caractérise que nous avons certaine caractéristique de peau et de cheveux qui nous son propre et c’est d ailleurs la raison pour la quel mes partenaires cosmétique sont des spécialiste de la peau métisse avec des produit qui prennent soin de nos spécificité…

    Mais je tiens tous de fois a dire que pour autant que l’on soit né en occident, en orient, en Amérique ou en Afrique nos influences culturel vont influer notre style et nos gout vestimentaire… ainsi on ne peut pas reprocher a un noir qui a toujours vécu au japon et à adopter ce mode de vie de porter un kimono si c ce qui le branche… Ainsi si le rasta ou le fashion ou le gangsta par ses codes vestimentaire se définit ainsi et marque son appartenance au groupe (j’entends par la mode de penser, passion et attrait commun) doit ton vraiment juger son choix et dire « ceci est au américain ou cela est toxique pour ton peuple ou encore t trop ghetto ?

    Je pense effectivement qu’il est bon de créer de nouvelles maisons black qui allierais et développerait tous ce qui fait notre société mais non pas en créent un communautarisme retrancher dans des emplacements pro-black mais plutôt investissant par nos produit les milieux ou nous somme minoritaire et ainsi dans les grands magasins de si ou ca trouver nos produits en vente et non pas réduit a un rayon black pitoyable !!! Et en ce qui concerne le vêtement ouvrir des boites Chic voir même de « prestige » dans des endroits comme les Champs-Élysées, Rodéo Drive, Oxford Street …

    D’autre part beaucoup des choses que l’on vois dans la mode aujourd’hui son issus de nos influences et de notre culture, mais nous avons était tellement bien dépossédé et berné qu’aujourd’hui on croit qu’il s’agit d’une invention de l’autre … il est temps je pense que l’on arrête de regardé l’autre avec un regard accusateur en disant oui c’est eux qui font ceci et cela car nous avons notre part de responsabilité, nous avons laisser l’autre nous mystifier et nous dévaloriser mais plutôt se dire : NON !!! Voici ce que je suis ! Voici ce qui est bon pour moi ! Voici ce que je suis capable de faire et enfin entrer dans la compétitivité économique et social plutôt que dans une compétitivité d’existence.

    Utiliser le produit de l’autre n’est pas une honte Mais faire l’autre se servir de son produit voici la clef du succès… donc pensons y !!!!

  2. kwanzaa (19 Commentaires)

    Je parle de développer une élégance Africaine, quand tu évoques les styles rasta ou ghetto ce sont justement des styles distinctifs très communautarisés mais ne renvoyant en rien à l’élégance mais tout le monde s’accorde à dire que c’est de la sape de noirs ! Maintenant il nous faut aussi développer un style vestimentaire qui place l’élégance Africaine ou les élégances Africaines (Akan, Amhara, Maasaï ou autre) au niveau de l’élégance italienne, française ou british qui n’ont rien de folklorique et qui peuvent être adoptées par n’importe qui et notamment notre communauté pour leur élégance avec en bonus l’african touch.

  3. M.r (1 Commentaires)

    alr apparement chaque couche de la communaute noire a quelque chose a se reprocher d’apres l’article.le mec en baggy c’est un gansta.le mec a la mode c’est un vendu.la mama en boubou elle sort de mars.celui en costume c’est un bounty.tu peux ns expliquer clairement ce que t’entends par afrochic??

  4. gina (15 Commentaires)

    De pire en pire ! Décidément, l’auto-flagellation vous va bien au teint !

    J’ai décidé de rire de votre incapacité à être positif . Quel que soit le style du noir, cela ne vous convient pas :

    – le look fashion, ça craint
    – le look hip hop, ça craint
    – la tenue africaine, ça craint
    -mais le costume trois-pièces , trop occidentale, ça craint aussi ! (Celui qui travaille dans un cabinet juridique ou dans une banque est censé s’habiller comment ? en chemise hawaienne ?)

    J’imagine que le look citadin casual et simpliste craint aussi.(Trop négligé, pas assez in , c’est ça ?)
    De même les tenues valorisantes pour ne pas dire sexy et (je ne dis pas sexuelle) craignent aussi. (trop bounty, non ?) mais par contre le look rasta, ça craint.(trop crade ?)

    Il faudrait éditer un cahier des charges quant aux accoutrements et aux comportements à adopter pour être « un bon noir qui ne fait pas rougir les siens ». Tâche extrêmement difficile quand on sait que les noirs névrosés rougissent de tout mais surtout de rien !

    J’aimerai là aussi, connaître les habitudes vestimentaires de l’auteur. Je me ferai un plaisir de vous etiquetter comme vous êtes si prompt à le faire pour les autres. Mais je me doute bien que vous ne répondrez pas à mes interrogations : » les diseurs ne sont pas les faiseurs » dit un sage proverbe.

  5. ToiTuCreuses (32 Commentaires)

    Attention tremblez grandes maisons et boutiques de mode Dior, Chanel, Rykiel, Guerlain, Gaultier fuyez ! l’afro-chic arrive ! Non mais sérieusement… L’afro chic ? ça n’existe pas. Arrêtons un peu d’essayer de tout mettre en exergue pour faire ressentir de la fierté communautaire… ce que tu écris est très limite. S’habiller comme un blanc ? ho la honte ! et un noir qui s’habille en costume ou une femme en robe Kenzo il s’habille en jaune !! hann la honte !!! complètement idiot… S’installer dans la mode n’arrive pas du jour au lendemain. En Europe on coud des vêtement depuis des siècles, la mode a toujours fait partie de la culture et n’a cessé d’évoluer. Je crois que si la mode aujourd’hui c’est essentiellement Paris Milan Londres New York c’est pas un hasard mais bon… Et quand tu manges avec une fourchette c’est pas trop dur de manger comme un blanc ? ou avec des baguettes comme un jaune ! mais je t’en prie jette cette ustensile pointu et reprend tes mains. Un indien si il ne porte pas de plume dans les cheveux c’est une honte aussi il se sape comme un blanc le pauvre.
    De plus je te ferai remarquer que les costumes et robes ne sont pas faits pour des blancs donc je ne vois pas en quoi un noir qui en porte un se sape comme un blanc… Mais par contre si un(e) styliste noir(e) reprenait une grande maison là tu serais tout fier puisque tu porterai du « noir » et de cette manière tu ne feras pas rougir tes amis ( deux poids de mesure n’est ce pas ). D’ailleurs rougir c’est pas un peu trop blanc ça ? la honte nan ? le passage de fin est lui aussi assez cocasse; des centres commerciaux des bars et des discothèques, des films d’une sorte de « Nouvelle Vague africaine »… bonjour le repli sur soi et le communautarisme. Tu sais si tu veux des boîtes africaines y en a surement une ou 2 à Paris mais il y en a surtout tu sais où en Afrique ! donc je t’en prie. Si tu veux dans un pays c’est un peu pour embrasser sa culture et son mode de vie non, je me trompe ? Enfin bref je crois que tu as un vrai problème avec l’intégration de certains, laisse toi aller et profite de la vie au lieu de stigmatiser les autres noirs qui sont un peu plus ouverts d’esprit que toi.

  6. Kalok (12 Commentaires)

    Bonjour,
    Je suis en total désaccord avec l’article.
    Pourquoi en tant que noir, je devrais m’habiller d’une manière particulière ?
    En quoi c’est renier mes origines ? Au final, vous semblez voir les noirs uniquement à travers le dualisme blanc/noir, de plus en plus obsolète.

    Je m’habille en trois pièce parfaitement ajusté, et cela donne de moi l’image que je veux renvoyer, quelqu’un de moderne et d’actif. Je n’ai pas besoin de crier sur tout les toits que je suis noir et africain…

    Parce ce que ça se voit !

    Dépassons ces vieux débats, ils nous font perdre un précieux temps…

  7. Kalok (12 Commentaires)

    D’ailleurs, un des créateurs londoniens les plus en vue, c’est…
    Ozwald Boateng, un noir ghanéen

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