A la découverte du Black-Style au Japon

Posté par le 30 mars 2012. inséré dans Asie, Mode / Beauté, News.

La peau blanche est un un symbole de beauté au Japon. C’est la raison pour laquelle les japonaises détestent le soleil et le bronzage. Toutefois, il y a des exceptions. Certaines filles veulent avoir la peau mate pour ressembler aux figures emblématiques du hip-hop. Cette vidéo par exemple nous montre l’ampleur de cette tendance.

http://www.youtube.com/watch?v=Df1FmYBJMtY

Notre protagoniste s’appelle Hina. Hina aime le B-style (Black-style). Elle trouve que « les blacks sont trop beaux et trop stylés. Quand on porte le même genre de vêtements qu’eux, ça fait vulgaire, mais sur eux c’est trop stylés. »

Quelle est la réaction des gens face au look d’Hina?

 » Certaines filles trouvent ça cool et aimeraient essayer ce look. » Affirme Hina.

Hina travaille dans un des magasins les plus branchés de Tokyo : Baby Shop. Leur slogan est assez évocateur : « Black for life ». Pour Hina, ce magasin est un  » hommage à la Black culture, la musique, le style et la danse. » Le B-style c’est éviter à tout prix de ressembler aux japonais classiques. Toutes les vendeuses du magasin sont bronzées. Elles pensent que le bronzage rend plus belle et que c’est un signe de bonne santé.

Hina se rend ainsi au salon de bronzage une fois par semaine, ça lui coûte 2100 yens (soit 19 euros la séance).

Les japonais comme Hina sont appelés Ganguro. C’est une mode qui touche aussi bien les femmes que les hommes. Hina porte des piercings et des tatouages. Quant à mère, elle accepte plutôt bien son style et pense que c’est un caprice qui lui passera.

La tendance Ganguro

Ce que la vidéo ne nous dit pas c’est qu’au japon c’est un mouvement très critiqué et très controversé. Beaucoup de japonais assimilent l’extravagance visuelle de ces jeunes filles à de l’insolence. Nombreux sont ceux qui voient dans cette mode le symbole du désengagement de la jeune génération envers la patrie et ses valeurs. De plus beaucoup d’hommes les trouvent malsaines dans leur excentricité.

Cette mode aurait été lancé par hasard par Namie Amuro, une célèbre chanteuse japonaise. Son répertoire est très varié : reggae, rap, rock…Dans ses clips, elle est entourée quasi-exclusivement de danseurs black. En 2007, elle sort l’album Funky Town.

J’ai trouvé une vidéo d’une soirée jamaïcaine au Japon. On s’y croirait!

Séverine. Martiniquaise de 25ans titulaire d'un baccalauréat littéraire et d'une licence en communication, elle est amoureuse des langues étrangères, de lecture, et passionnée par le Brésil. Elle blogue sur le quotidien des femmes noires de sa génération...
AUTEUR: c-verynn
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7 Commentaires pour “A la découverte du Black-Style au Japon”

  1. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    @c-verynn

    Di ‘ boti ( merci ) ! de nous avoir permis de prendre conscience de l’ampleur
    d’un phénomène de société au sein de la jeunesse japonaise.

    Je dois t’avouer c-verynn que j’ai été agéablement surpris par l’intérêt que de
    jeunes japonais portent au black- style et au hip-hop américain.

    En toute franchise, si j’ai tant tardé à aller voir leurs prestations, c’est parce que je nourrissais quelques idées préconçues sur la manière dont ils allaient bien pouvoir rendre correctement la vérité de la musique black, se coller à son authenticité.

    Et dire qu’ à travers nos études, on nous serine constamment de faire preuve
    d’esprit critique.

    Heureusement que cette phrase du remarquable professeur de Lettres béninois Monsieur Midhiouhan revient sans cesse à la charge:

    Sachez toujours faire preuve d’esprit critique, car la société vous modèle l’esprit !

    Encore une fois, et pour toujours merci Monsieur Midhiouhan.

    Voilà pourquoi c-verynn, il fallait que je vois de quoi il retournait au juste.
    Et j’ai bien fait, car je n’ai pas été déçu .

    Ce qui m’a le plus impressioné,c’est la manière dont les jeunes se sont imprégnés de la musique noire américaine sans aucune retenue, en adoptant et assumant tous les pas. Il m’a même semblé avoir vu une danse similaire au zouglou ivoirien ! incroyable ! avec un groupe de jeunes gars japonais. Bravo ! impressionnant !

    c-verynn, j’imagine que lorsque des chanteurs comme 50 cent, P. Daddy, J-Zay
    Lyl Wayne voient se refléter au Japon, par- delà l’océan Pacifique, l’image de leurs succès, ils ne doivent pas être peu fiers !

    L’aspect qui m’a paru toutefois négatif, c’est la façon dont les jeunes Japonaises dansent le booty-shaker. Là, les go. laissez-l’affaire ! En booty-shaker, les filles noires sont très,très, très difficiles à battre !!!

    Bien à toi .

  2. c-verynn (17 Commentaires)

    oh oui! j’avoue, c’est pas encore ça pour le booty-shake!
    en tout cas, on ne devrait pas se rabaisser, certains chinois aiment notre culture et la mettent en valeur!c’est génial!

  3. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    Bonjour,

    ( ou Bonsoir )

    J’ai été à la fois impressionné et intrigué par l’influence du Black-Style
    ( B-Style ) et de la musique hip-hop africaine-américaine sur une frange de la jeunesse japonaise.

    Impressionné,oui, parce que cet état de choses témoigne de l’impact de la mondialisation, confortée et encadrée par l’OMC ( Organisation Mondiale du Commerce ) et révèle le caractère phénoménal de l’accélération de la diffusion des idées et des marchandises par le biais du monde des Affaires ( business ).

    En effet, l’influence du Black -Style au Japon s’inscrit dans cette logique.

    Cela me ramène à l’esprit cette phrase du philosophe Hegel :
    les idées mènent le monde;( et pourquoi la professeure française de Philosophie Mlle Vignon – encore et pour toujours merci – le considérait comme le plus grand philosophe moderne, et le plaçait au même rang que Socrate dans sa hiérarchie personnelle ).

    Cependant, intrigué, je l’ai été également par la manière dont j’imagine que les élites japonaises percevront ( perçoivent déjà ? ) les répercussions de cette culture du Black-Style ( B-Style ) au sein de la jeunesse japonaise dans son ensemble.

    Peut-être se disent-ils qu’ils ne sont qu’en présence d’un épiphénomène social se reflétant à la surface des vagues de l’océan culturel japonais, mais n’affectant nullement ce qui fait sa profondeur abyssale, sa grandeur, sa force.

    De fait, lorsque j’avais dénoncé la manière dont l’écrivain et professeur Alain Mabankou s’interrogeait sur son africanité en se demandant si elle n’était pas vaine; j’étais convaincu, en mon for intérieur, de l’importance de manifester son identité culturelle fondamentale, pour marquer sa différence sans se lier, sans s’aliéner ( se soumettre ), se cadenasser dans une uniformité culturelle affaiblissante et asservissante.D’où l’importance de montrer ce qui fait que vous êtes ce que vous êtes et pas une autre personne ; ce qui fait que vous êtes fier
    ( fière ) de dire : je suis Japonais, et non Chinois,Gahnéen et non Sénégalais, Américain et non Français, etc…

    Toutefois, je ne suis pas sans savoir qu’il existe,à l’image de Geneviève Vinsonneau ( L’identité culturelle ), des tenants ( partisans) d’une identité culturelle mouvante, évoluante, perméable aux influences extérieures, à l’acculturation (cheminement consécutif aux contacts humains et conduisant partiellement ou totalement à une assimilation ). C’est de cette vision de l’identité culturelle que peut participer le Black-Style ( B-Style ) au Japon.

    Néanmoins, je demeure convaincu de l’importance voire de la nécessité de sauvegarder précieusement son identité culturelle fondamentale pour ne pas la voir se dissoudre dans l’océan des identités culturelles évoluant tous azimuts.

    En somme, il s’agit de toujours être capable de se poser ( se présenter, se manifester ) en s’opposant ( en s’affirmant ) de façon à faire voir ce qu’on est,
    qui on est, essentiellement, foncièrement, fondamentalement, afin d’agir au sein du monde fièrement par sa différence.

    Bien à vous .

  4. Hatshepsut_kmt (2 Commentaires)

    bon, bref, quoi de neuf au pays du noir devenu asiatique qui cherche a renouer avec ses traits originels ?

  5. c-verynn (17 Commentaires)

    Mais de quoi parles tu?

  6. ToiTuCreuses (32 Commentaires)

    Chez les Japonais plus qu’ailleurs la mode se démode à vitesse grand V. Juste pour préciser, certains japonais s’habillent en personnage de manga ou de jeux vidéos toute l’année, certaines filles en poupées et je ne sais quoi d’autres. C’est dire le nombre de styles et de folies japonaises, qui souvent se tiennent malheureusement à mille lieues du bon goût. C’est une excentricité de plus qui assouvira un petit laps de temps la curiosité japonaise et le goût pour sa jeunesse de l’anticonformisme. Bref un mini courant passager qui va vite s’épuiser.

    Les japonais se créent des idoles plus vite qu’une adolescente pré-pubère, alors qu’en leurs idoles, ici 50 cent Rihanna ou pire Nicki Minaj, apportent tout un code vestimentaire et d’apparence en général, ils adoptent ces codes. C’est le même principe que tous les Japonais qui portent le maillot de David Beckham. Bref ce n’est qu’une mode de plus qui arrive bien tard chez nos amis du pays du soleil levant puisque l’âge d’or du hip hop est terminé et le règne du hip hop tant sur le plan musical que culturel ( vestimentaire, influence des autres genres ) touche à sa fin. Encore une jolie anticipation des japonais qui pour bien montrer que leurs goûts sont discutables, reçoivent encore Mireille Mattieu comme s’ils recevaient la reine d’Angleterre.

    Et un détail, c’est plus l’afro american style pour être plus précis. En effet leurs influences sont directement tirés des noirs américains et de leurs célébrités, en aucun cas l’Afrique est une source d’inspiration pour ces jeunes. Ils aiment ce qui brillent et ce qui est voyant, il n’y a qu’à voir la façon dont parle la fille japonaise, comble du superficiel. Certains japonais ne peuvent pas se contenter de suivre et d’adhérer à un mouvement comme l’ont fait la plupart des pays du monde avec le mouvement hip hop, non l’éxubérance de leur jeunesse les pousse même à adopter leur couleur de peau. Sacrés japonais ils tournent pas tous ronds ^^.

  7. Dbate (1 Commentaires)

    Bonjour,

    Merci pour ce partage de culture d’ici et d’ailleurs.
    J’aimerais souligner une comparaison qui n’es pas correcte.

    Les Ganguro et les B-Style n’on rien a voir.

    La première photo à une légende erronée. C’est une fille B-Style et non pas une Ganguro.
    Les filles B-Style imitent vraiment un style Afro -américain.

    La deuxième photo est juste. C’est une Ganguro girl.

    Namie AMURO, la métissée italienne est l’emblème du début de la période ganguro dans les années 90 mais par la suite les ganguro girls voulaient plus à ressembler aux canons de beauté occidentaux (cheveux décolorés et teint mat).

    Aujourd’hui, les ganguros n’existent presque plus.
    Elles ont évolué en « Gyaru » et leurs valeurs ont changées, on trouve maintenant les « gyaru next generation »

    Voila 😉

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