Hommage à Ida Bell WELLS-BARNETT, Journaliste, avocate des Droits Civiques

Posté par le 25 mars 2013. inséré dans A la Une, Amérique et Caraibes, News, Politique.

Ida Bell WELLS-BARNETT

Ida Bell WELLS-BARNETT

le 25 mars 1931, disparaissait Ida Bell WELLS-BARNETT. Ida Bells fait partie des membres fondateurs en 1909 de la National Association for the Advancement of Colored Women. Militant ardemment contre la discrimination, l’exploitation et la brutalité, elle dénonça, sa vie durant, l’horrible condition des Noirs en Amérique et la pratique barbare du lynchage. Ses pamphlets virulents, tels que « Horreurs du Sud », et ses conférences tant aux Etats-Unis qu’en Europe, lui valurent une réputation internationale qu’elle mit au service de sa communauté.

Enseignante, puis journaliste, Ida B. Wells, originaire de Holly Springs (Mississippi), devient éditrice et co-propriétaire d’un journal pour Noirs, « The Free Speech and Headlight ». Quand en 1892, le propriétaire Noir et respecté d’une épicerie prospère, ami de Wells est lynché à mort pour avoir fait de l’ombre à une boutique concurrente tenue par des blancs, Wells utilise son journal pour dénoncer violemment le lynchage et encourage ses concitoyens noirs de Memphis à quitter la ville. Elle écrit « Il n’y a qu’une seule chose à faire ; prendre notre argent et quitter une ville qui ne protégera jamais nos vies et nos biens, ne nous rendra pas justice devant les tribunaux, mais nous prend et nous tue de sang froid quand nous sommes accusés par des personnes blanches ». Plus tard, un article traitant des relations amoureuses entre les hommes noirs et les femmes blanches et dénonçant lui aussi le lynchage, rendra hystérique la population locale qui viendra saccager son bureau pendant son absence. Son article rédigé après des mois de recherches sur le sujet, concluait que l’accusation de viol souvent avancée comme justification du lynchage des hommes noires, n’était en réalité qu’un prétexte utilisé par les hommes blancs pour punir les Noirs surpris à avoir des relations sexuelles avec des Blanches consentantes. L’analyse développée par Wells se présente plus largement comme une critique de la masculinité des hommes blancs du Sud. Wells conçoit en effet leur focalisation sur la question du viol des Blanches comme une manifestation de leur insécurité face à l’union consentante des Noirs et des Blanches. Cette obsession est à la fois le produit de leur volonté de contrôler les femmes blanches, dans tous les domaines et plus particulièrement celui de la sexualité, et de leur impuissance à exercer ce contrôle. Mais ses pamphlets s’en prennent également aux femmes blanches, qui préfèrent laisser leurs amants noirs être accusés de viol, et même parfois tués, plutôt que de révéler leur désir pour un homme noir.

Effrayée par l’ampleur des menaces de mort, elle s’enfuit Memphis et s’installe à New York où elle s’attèle à un important travail de recherche et de documentation sur le lynchage dans tous les Etats Unis. Ses travaux et pamphlets publiés s’appuient sur un travail de compilation statistique.

Installée à Chicago en 1895, Mme Wells-Barnett continue d’écrire et publie à New York « Le dossier rouge », livre d’une centaine de pages relatant, statistiques à l’appui, l’histoire du lynchage depuis la proclamation de l’émancipation des Noirs. Elle indique par exemple qu’en 1894, 197 personnes avaient été lynchées à mort sans autre forme de procès et note, plus loin, que les 2/3 des lynchages avaient pour cause des incidents ridicules, tel le vol d’un cochon ou une altercation avec un voisin; et les 1/3 restant des accusations de viols ! Pour ne pas être traitée d’affabulatrice, Mme Wells prendra soin de se documenter auprès de « sources blanches ».

Ida Wells-Barnett continua son inlassable croisade, à travers des marches et autres activités avec groupes de pressions, pour l’égalité des droits pour les Afro-Américains jusqu’à sa mort à Chicago le 25 mars 1931.

En 1990, la poste américaine émit un timbre à son effigie. Elle est inscrite au « National Women’s Hall of Fame » aux cotés de Rosa Park, Harriet Tubman et d’autres.

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2 Commentaires pour “Hommage à Ida Bell WELLS-BARNETT, Journaliste, avocate des Droits Civiques”

  1. fesse disco (9 Commentaires)

    je crois que le lynchage des hommes noirs courant derriere les femmes blanches devraient continuer

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