Le business du sauvetage de l’Afrique

Posté par le 23 avril 2013. inséré dans A la Une, Afrique.

Madonna au Malawi

L’Afrique n’est ni un pays, ni un bloc homogène. C’est la raison pour laquelle les crises en Afrique, et la nécessité d’une aide d’urgence, varient d’un pays à l’autre. La crise alimentaire par exemple est critique dans la Corne de l’Afrique uniquement. En fait, l’Inde et la Chine hébergent en leurs seins probablement plus de pauvres que l’Afrique toute entière, mais ils ne sont pas l’objet de charité et d’humanitaire de la même manière que l’Afrique l’est devenue.

L’industrie de l’aide, bâtie sur la pauvreté et les malheurs de l’Afrique, est devenue une industrie de plusieurs milliards de dollars avec de nombreuses ONG locales, nationales et internationales installées dans de nombreux pays, partout en Afrique, et dont beaucoup vivent dans des conditions bien meilleures que les Africains même qu’ils essaient de « sauver ».

L’aide est addictive. Aussi longtemps qu’il y aura des promoteurs de d’aide comme Bono pour alimenter la dépendance, les Africains ne pourront jamais se tenir debout sur leurs pieds.

L’idée qu’un des célébrités riches peuvent « sauver » l’Afrique est une malhonnêteté intellectuelle uniquement utilisée pour faire de la publicité aux Américains et aux Européens. Le fait que les journaux occidentaux mettent en une des titres comme « Bono peut-il sauver l’Afrique? » Ou « Les Brangelina* parviendront-il à sauver l’Afrique? » suffisent à montrer que les causes africaines sont moins importantes à leurs eux que les célébrités bienfaiteurs dont ils parlent.

Uzodinma Iweala (auteur de « Beasts of No Nation ») soutient que ces types de formulation ne font que rappeler les visions condescendantes de l’ère colonialisme européen, quand les missionnaires étaient envoyés en Afrique pour nous apporter l’éducation, Jésus-Christ et la « civilisation ». Bono a même affirmé dans un interview :

« Je représente beaucoup de gens [en Afrique] qui n’ont pas de voix … Ils ne m’ont pas demandé de les représenter. C’est culotté, mais j’espère qu’ils sont heureux que je fasse. »

La prétention à parler au nom de millions d’Africains, sans leur approbation ou autorisation, n’est pas juste impertinent. C’est colonialiste. Et non Mr Bono, beaucoup d’entre nous ne sont pas heureux!

Jettez un coup d’œil aux visuels utilisé dans la campagne de l’ONG Keep a Child Alive* lancée il y a quelques années. Il s’agissait essentiellement des célébrités blanches peintes de « marques tribales africaines » apparentes et flanqué des mots tels que « I AM AFRICAN ». Chose que j’ai jugé extrêmement condescendant et qui m’a mise sur les nerfs, comme beaucoup d’Africains qui ont vu ces affiches placardées partout.

NO, YOU'RE NOT!

Je suis reconnaissant aux Bono & consort de s’intéresser à nos problèmes, mais je suis fermement contre la transformation des Africains en nourrissons sans défense et en des enfants qui ne sauraient pas quoi faire sans la « bienveillance » de l’Occident – sans parler du rôle que l’Occident a joué et continue à jouer dans les circonstances regrettables dans lesquelles se trouve l’Afrique actuelle.

L’Afrique ne veut pas être sauvé. L’Afrique n’a pas besoin de l’aide ou d’une horde de bienpensants pour nourrir, vêtir et éduquer son peuple si nous avons un leadership efficace et responsable. Ce sont les responsabilités d’un gouvernement. L’Afrique à travers des partenariats économiques et commerciaux justes et équitables (sous-entendu en TUANT le FMI et la Banque Mondiale) est capable de se développer de de croitre de manière exponentielle.

* Brangelina est le surnom donné au couple Brad Pitt et Angelina Jolie

* « Keep A Child Alive » est une ONG fondée et dirigée par la chanteuse Alicia Keys, dont le but est de fournir des soins aux enfants touchés par le sida en Afrique.

Abagond is my pen name. I am a computer programmer who has lived mostly in or near New York City. Although I tend to think of myself more individually, I am in fact part of the middle-class West Indians (the black English-speaking people from the Caribbean: Jamaica, Trinidad, Barbados, Grenada, Bahamas, Guyana, etc.).
AUTEUR: Abagond
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4 Commentaires pour “Le business du sauvetage de l’Afrique”

  1. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    Bonjour
    ( ou Bonsoir ),

    Qu’est-ce-que Abagond, l’auteur de cet article, a au juste contre les philanthropes et autres personnes charitables qui viennent en aide aux Africains dans le besoin ?

    S’en prendre aux gens qui aident les Africains, n’ est-ce-pas comme attribuer la responsabilité de la maladie aux médecins qui sont censés sauver les malades ?

    N’y a-t-il pas là une sorte de confusion et une manifestation flagrante d’ingratitude ?

    Une personne vient vous sortir du pétrin en vous proposant son aide, et la meilleure solution consisterait à la rabrouer sans ménagement au lieu de la remercier ? Voyons-donc ! vers quel monde irions-nous en agissant de cette
    façon ?

    Ainsi, prétendre comme Abagond que l’aide est addictive et que les promoteurs de l’aide tel que Bono alimentent la dépendance, c’est tout simplement confondre les causes et les conséquences, car les philanthropes comme Bono ne sont nullement responsables des problèmes qu’ils veulent résoudre. Ils n’interviennent qu’en aval , lorsque – par exemple – les conséquences de la mauvaise gestion, des détournements de fonds publics
    ont provoqué les effets néfastes de la malnutrition et de la famine dans certains pays africains.

    Toutefois, je le concède à Abagond, la situation de quémandeur perpétuel d’aides humanitaires dans laquelle se retrouve l’Afrique ne constitue pas ce qu’il
    y a de mieux pour son avenir au plan économique.

    Dans le but de sortir de la spirale de l’aide humanitaire qui n’est qu’un pis-aller, il serait préférable de remettre en question les conditions des prêts octroyés par la Banque mondiale et le FMI aux pays africains en difficulté, afin de les rendre optimales.

    Car, comme dit le proverbe chinois, il vaut mieux apprendre la pêche à quelqu’un plutôt que de lui donner du poisson chaque jour.

    Bien à vous .

  2. Telema (145 Commentaires)

    BoubalaJoe je suis à deux doigts de te demander en mariage.

  3. Telema (145 Commentaires)

    Hm..Concernant les Ong européennes qui pullulent en Afrique et en Haïti, je suis réticente d’une part parce que le financement de celles-ci sont occultes, puis il y a eu de sales affaires avec ces organisations non gouvernementales que ce soit en Haïti ou en Afrique..

    Je me souviens de cette affaire où une Ong en Egypte se servait de cette façade charitable pour faire transiter des armes dans ce pays, sans tomber dans la paranoïa je pense que pas mal de ces Ong sont infiltrées par des agents occidentaux, des mafiosos, grps pharmaceutiques qui testent leurs médocs sur les indigents etc..

    La new géopolitique. Restons méfiants.

  4. Telema (145 Commentaires)

    Puis..

    Souvenons de tout cet argent qui fut récolté après le séisme en Haïti qui a grande partie disparu..

    Qui sait..Peut-être que ces philanthropes avaient avant tout besoin de fric..

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