Le coup de coeur musical d’angazamag : CaféWils

Posté par le 19 avril 2012. inséré dans Musique, News.


Un arôme intense et subtil, des notes profondes et suaves…

 

Café est un amoureux de la culture hiphop. En 1998, il écrit son premier texte … une nouvelle passion s’empare de lui : l’amour des mots et leurs maniements !
Il fréquente d’abord les soundsystem puis pose sur les mixtapes underground. Son style jazzy, mi rappé mi chanté fait la différence, et permet à d’autres de pouvoir apprécier son flow et ses phases tant en Guadeloupe qu’en Martinique.

Son aventure londonienne de 4 ans affine son écriture et sa vision de la vie. De retour au pays natal, avec un nouvel état d’esprit et une plume ayant gagné en maturité, il pose ses premiers textes sur les valeurs chrétiennes.

Aussi habile avec le rap que pour le slam, Café fait partie de ces artistes aux multiples facettes. Son style d’écriture, son flow et sa voix, font de lui une valeur sûre du Hip-hop guadeloupéen. Sa marque de fabrique, reste son attachement à Dieu, ainsi que sa foi inébranlable en christ. Dans ses textes raisonne l’espoir, l’encouragement, ainsi que l’envie de vivre!

Connu sous le nom de Café Mc, il décide récemment de changer pour Caféwils

Un caractère unique et corsé…

 

Pourquoi Café ?

Le café est un stimulant, c’est ce que je désire faire à travers ma musique. Je veux réveiller mentalement et spirituellement mon public.

Quelles sont tes principales influences musicales?

J’ai grandi dans un univers de variété française avec Salvador, Cabrel…puis le monde du jazz m’a happé avec des chanteurs comme Frank Sinatra et Louis Armstrong, ensuite j’ai découvert la soul avec Erykah Badu. Je suis tombé amoureux de la culture hip-hop avec Blackstar (Mos Def et Talib Kweli), De la Soul, A Tribe Called Quest… Mes influences gospel ne viennent pas de mon univers familial car je n’ai pas grandi dans une famille chrétienne.

Qu’as tu ressenti la première fois que tu t’es produit en public ?

Ça remonte aux années lycées. J’ai ressenti un grand trac, j’avais peur de rater ma prestation même si le public n’était pas exigeant, c’était tous des fans de hip-hop. J’ai eu un retour positif du public.

Qu’est-ce qui t’a poussé à persévérer dans le domaine de la musique ?

J’ai toujours aimé le côté « j’ai des choses à dire » de la musique. Faire du rap pour ne rien dire, ce n’est pas possible pour moi. Je pose mon regard sur la société et je le retranscris dans mes textes. Avec la musique, j’ai trouvé un moyen de m’exprimer. Je suis aussi beatmaker. Il m’est déjà arrivé de pleurer sur des morceaux de Miles Davis, le fameux compositeur-trompettiste de jazz, ses compositions relèvent du pur génie.
J’écris et je crée dès que c’est possible.

Au niveau de l’écriture, d’où te vient l’inspiration? Est-ce un exercice difficile ?

Mon inspiration me vient du quotidien, des discussions que j’ai avec les gens. J’ai un travail de contact, quand je discute avec mes clients je rentre un peu dans leur intimité. Mon environnement et la réalité guadeloupéenne sont mes principales sources d’inspiration. J’avoue que le plus dur dans l’écriture c’est de synthétiser un fait précis en 3-4 min. Cependant, je ne trouve pas difficile de dépeindre une réalité.

Tu es parti faire tes études à Londres, comment ça s’est passé ?

Ça s’est bien passé! J’ai vécu 4 ans en Angleterre. Issu du milieu hip-hop, j’avais déjà une bonne base en anglais, je lisais avec assiduité le magazine The Source. C’était le dépaysement total, le plus dur c’était de partir loin de ma famille. Je suis l’aîné de la famille et je suis le premier à être parti, c’était vraiment dur de vivre loin de mes frères.

Pourquoi es-tu revenu en Guadeloupe? N’aurais-tu pas plus de chance de percer à Londres ?

Je me suis longtemps posé cette question. Je suis revenu sur un coup de tête…ça devait juste être des vacances mais finalement je suis resté ; et depuis ça fait dix ans que je suis là! Je ne m’étais pas encore trouvé à Londres. La Guadeloupe est riche artistiquement. M’imprégner de cette richesse artistique était un passage obligé dans mon parcours musical : je me suis trouvé ici. Je suis à l’aise avec tous les styles musicaux, j’aime aussi la musique house, garage, lounge et la variété française. Mes parents ont contribué à mon ouverture musicale. Je touche à tout, je suis aussi très à l’aise avec le reggae. Si un jour je fais du zouk, ce sera à ma façon.

Dans quelle langue préfères-tu rédiger tes textes ?

Sans hésiter, le français.

Parle moi de l’aventure BENAJA ?

C’est une amitié, ce n’est pas que de la musique. On s’est rencontré début 2003, on avait accepté la foi chrétienne chacun de notre côté. Fola et moi, on a décidé de proclamer l’évangile à travers la musique. Depuis, l’aventure continue.

Ton album Vibrations est sorti le 12 mars 2011. Quel est ton morceau préféré ?

Je t’emmène.

Tu parles de Dieu dans tes textes alors que beaucoup de jeunes artistes antillais donne de l’importance au rap « sale ». Ils font l’apologie du sexe, de l’alcool et de l’argent facile. Quelle est ton opinion sur cette nouvelle mouvance? Et surtout penses-tu un jour changer pour vendre plus et être plus connu?

Comme dirait mon ami Fola, le hip-hop c’est « l’art du reste toi-même ». Beaucoup sont en quête d’identité et reproduisent les schémas américains. Plus jeune j’étais aussi fasciné par les clips américains. Maintenant, mon regard est différent : je suis marié, j’ai un enfant et un boulot. Je fais une musique honnête, mes morceaux représentent ma vie et ma vision des choses, un état d’esprit plus mûr. Le rap « sale » c’est l’état d’esprit de la majorité. Je suis catégorique, je ne veux pas tomber dans le rap « sale ». Toutefois, si un artiste faisant du « rap sale » m’invite, je le ferais mais il sait à quoi s’attendre. Pour autant, je ne considère pas mon rap comme un rap conscient. C’est une musique d’ordre spirituelle.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Je finis un projet qui s’appelle Expresso. C’est un projet de 5 titres où on pourra retrouver Night Time et Langue de rasoir en téléchargement libre. Je termine mon premier album qui s’appelle Sunny Day, c’est un album ensoleillé avec des rythmes caribéens. Il est prévu pour courant 2012. Sur mon album à venir, j’ai plusieurs featuring avec Erik, Fola, Tysmé et Meemee Nelzi. C’est un album où je suis aux commandes musicales. Je suis un musicien autodidacte, je fais tout. Je suis le parrain du Sanfoka Soul Contest, un événement soul qui aura lieu en Guadeloupe le 20 avril.

Une sélection d’arabicas fins…

2005 – Mixtape avec BENAJA : Kileab
2006 – 2ème mixtape : Et Après?
Janvier 2009 – Pause Café volume 1, net tape disponible en téléchargement libre
Octobre 2009 – BENAJA : La Joie De Vivre
2011 – Vibrations : un projet intermédiaire pour lancer sa carrière solo, sorti en 250 exemplaires et disponible en téléchargement sur itunes.

Encore une tasse?

Vous pouvez retrouvez les actualités de Café sur le site www.cazanm.com
Son facebook : http://www.facebook.com/profile.php?id=1349031207
Sa page fan : http://www.facebook.com/CAFEWILS?ref=ts

Savourons…

 

Séverine. Martiniquaise de 25ans titulaire d'un baccalauréat littéraire et d'une licence en communication, elle est amoureuse des langues étrangères, de lecture, et passionnée par le Brésil. Elle blogue sur le quotidien des femmes noires de sa génération...
AUTEUR: c-verynn
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3 Commentaires pour “Le coup de coeur musical d’angazamag : CaféWils”

  1. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    @ c-verynn

    Bonjour,
    ( ou Bonsoir )

    Décidément ! les préjugés sont vraiment tenaces !

    Je m’étais dit à propos de CaféWils :

    – il ne doit pas être aussi bon que c-verynn le dit !

    Et puis… boum ! coup de massue ! après l’avoir écouté, je réalise que le gars est bon ! Que dis-je ? Plus que bon, émouvant !

    Voilà où mène le formatage du matraquage publicitaire des majors de l’industrie
    de la musique; ce martèlement qui nous habitue à écouter du 50 cent, du Eminem, du R-Kelly, du Rihanna, etc.

    De CaféWils, j’ai particulièrement apprécié les chansons Night time, J’ai choisi et Les mots qui soignent.

    Et de ces chansons, les paroles suivantes m’ont particulièrement touché :

    – et même épuisé, je continue à faire avec mes idées ( J’ai choisi ) ;

    – si beaucoup utilisent les mots pour blesser, on peut les utiliser pour soigner
    ( Les mots qui soignent ) ;

    – Dieu a formé des plans de bonheur sur sa vie ( Les mots qui soignent ) .

    c-verynn, je tiens vraiment à te remercier de nous avoir fait découvrir CaféWils,
    et je lui souhaite d’avoir toujours – comme il l’affirme lui-même – des choses à dire.

    Bien à toi .

  2. c-verynn (17 Commentaires)

    Mon Cher BoubalaJoe,
    Douterais-tu de mes goûts en matière de musique??
    Je suis ravie d’avoir contribué à l’élargissement de ton horizon musical!

  3. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    @c-verynn

    O.k, o.k, ‘ bassé ! ‘ bassé ! ( termes d’approbation en mi ‘ tsogo, une des langues
    du Gabon ).
    Je fais mon mea-culpa en te concédant que tu as des goûts musicaux plus éclectiques que les miens.

    Bon, les préjugés ont la vie dure, qu’est-ce-que tu veux ! Et… comment dire ? Ce sont des choses qui arrivent, j’étais vraiment à mille lieues de penser que le chanteur CaféWils était aussi bon !

    Bien à toi .

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