Beyonce, Rihanna, Minaj, Lady Gaga and Co. : le tombeau du nouveau féminisme

A chaque fois que Beyonce sort une nouvelle chanson, elle suscite l’attention et provoque les débats sur les blogs féministes. Son single sorti récemment, « Girls (Who Run the World) » (traduction : Les Filles (qui dirigent le Monde)) n’a pas fait exception. D’une part, il y a les fans qui voient en Beyonce la nouvelle Gloria Steinem (quand même!). D’autre part, les détracteurs qui eux considèrent le message de B. superficiel et malhonnête, compte tenu de la condition actuelle de bon nombre de femmes à travers le monde. Et pourtant en lieu et place du débat pro/anti Beyonce, il serait intéréssant d’observer l’industrie artistique d’un point de vue plus global.

L’industrie de la musique – particulièrement celle profitant aux artistes marketés à large échelle comme Béyonce – ne promeut en général rien de positif et le cas échéant, si ça arrive, ce ne ne peut être que par accident !

Comme Hollywood, la seule chose que l’industrie musicale promeut est l’abrutissement un peu plus poussé de l’esprit de notre génération que celle de la génération précédente …… En d’autres termes, l’objectif est de faire de nous des moutons consumériste plus docile que nos parents et nous faire nous sentir un peu plus confortables dans cette situation en embrassant les valeurs obscènes et l’idéologie du corporatisme lui-même. Ces valeurs peuvent être pêle-mêle :

– Le machisme et le sens vertical (pyramidal) de la hiérarchie

– Le statut social

– Le Moi .. ou plus exactement l’ « individualisme social » (une personnalité collective, l’esprit de masse, où les grandes entreprises et les grands médias sont rois et nous disent quoi penser, quoi porter, comment se comporter etc)

– L’admiration de la richesse matérielle (sans chercher à donner le moindre sens spirituel/philosophique à la vie)

– Le pouvoir sur les autres, la capacité à obtenir d’eux ce qu’on veut

– Souligner les différences plutôt que l’unité (diviser pour mieux régner)

– La violence

– Les relations de domination/soumission genre maitre/esclave, employé/patron…

– Les comportements prédateurs,

– etc.

La façon dont l’industrie de la musique nous vend cette culture et et mode de vie à travers l’utilisation de dissonances cognitive, des messages subliminaux, la méta-communication, etc., est particulièrement vicieuse.

Les femmes par exemple se mettent à quatre pattes en sous-vêtements (et autres accoutrements Sado-Maso), en se définissant comme « fortes » et « libres » et pleines d’ « assurance », tout en envoyant les messages subliminaux ci-dessus. Et dans le même temps celles-ci voient leur image, leurs chansons, leurs clips, et leurs apparitions publiques dictées par l’industrie (surtout des hommes) qui les emploient. Tu parles du pouvoir des femmes ? C’est en tout cas ce que j’appelle du lavage de cerveau.

Mais bon, c’est dans l’intérêt de l’industrie de promouvoir leurs façons d’agir comme si elles étaient vraiment des « artistes » maitresses du contrôle de leurs carrières et de leur créativité artistique. Bien sûr certaines ont vraiment un certain degré de liberté créative (et du talent), mais vous pouvez parier qu’elles ont été choisies et promues au succès en partant du principe que leur message et perspectives étaient parfaitement adaptées à l’objectif de l’industrie – un bon exemple étant Lady Caca GaGa).

Réfléchissons juste un instant à combien d’artistes d’aujourd’hui sont considérés « choquants » et « scandaleux », et ont une réputation aussi controversée que celle attribuée aux jeunes en général. JE n’en connais pas beaucoup. Aucun de ces artistes a t’il jamais dit/chanté/fait quoique ce soit de controversé au sujet du corporatisme, des gouvernements, la guerre, la politique, l’humanité, la philosophie ? Bien sûr non! Ou alors très peu. (Chanter sur des réelles questions, ça c’est démodé en plus d’être moins vendeur). Aujourd’hui nos artistes les plus controversés sont à la limite du conformisme et du politiquement correct. En plus, elles se déguisent en « mouvement de la culture populaire ». Rien dans la musique populaire n’est réellement populaire désormais; tout est créé par l’industrie pour l’industrie. Ce qui est d’ailleurs facile, puisque les quatre majors à eux seuls (Universal Music, Sony BMG Entertainment, EMI Group, et Warner Music Group) produisent 71% de toutes les musiques à travers le monde. Le corporatisme culturel en somme.

Quelle mère saine d’esprit permettrait à une bande de cadres (masculins)  dirigeant l’industrie de la musique de dire à leurs filles comment s’habiller, se comporter, voir leurs corps, définir leur féminité, gérer leurs relations aux garçons etc ?!

En créant l’illusion que Beyonce, Rihanna, Britney Spears, Nicki Minaj, etc sont des vraies artistes faisant leurs métier d’artistes, et que c’est « ELLES » qui créent les tendances et définissent la génération suivante de femmes, toute le monde finit par penser que c’est OK ainsi. C’est juste la mode … .. c’est juste la musique pop ! Voilà ce que les mass-médias nous disent et c’est ce que nous croyons.

Finalement, pour en revenir à ce clip de Beyoncé, malgré les belles déclarations faites dans les paroles (et le style hot et dénudé de la vidéo sans rapport avec le message), il n’empêche que le monde est dirigé par des hommes et le sera toujours tant que les femmes penseront que leur pouvoir se trouve dans leurs vagins.

Neo

I'm just a African Entrepreneur, Economist & Businessman. My personal mission statement: build an empire, aspire to inspire, leave a legacy, and change the world.

4 pensées sur “Beyonce, Rihanna, Minaj, Lady Gaga and Co. : le tombeau du nouveau féminisme

  • 14 juin 2011 à 4 h 08 min
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    Yep!!! you’re right!…..

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    • 14 juin 2011 à 10 h 57 min
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      Totally 🙂

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  • 14 juin 2011 à 8 h 28 min
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    Bonjour,
    Plutôt d’accord avec l’article. Cependant, la dernière phrase me laisse perplexe, bien qu’a priori je sois aussi d’accord avec elle. C’est sûr que des chanteuses telles que Beyonce entretiennent une certaine schisophrénie conceptuelle: « je suis une femme libérée et affirmée qui porte sur elle les stigmates de la domination masculine et qui surtout ne remet pas en cause le fait que mes attributs sexuels soient une marchandise. » En effet, combien de mecs fantasment sur le derrière et le décolleté de Beyoncé ou Rihanna? Hum… Girl power? c’était déjà drôle à l’époque du boom Spice Girls, c’est aujourd’hui dérandeant et révélateur de la nécécité que les femmes commencent à placer ailleurs que dans leur soi disant pouvoir de séduction leur identité, non pas féminine, mais humaine? Nous sommes d’abord des personnes avant d’être des femmes et pas l’inverse!

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    • 15 juin 2011 à 8 h 33 min
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      @ Livia,
      En quoi la conclusion te rend perplexe ? peut être le mot « vagin » ? 🙂

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