Ma critique de « Django Unchained », le nouveau Western de Tarantino

Posté par le 20 janvier 2013. inséré dans A la Une, Cinema, News.

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Le Duo Christoph Waltz alias « Dr King Schultz » et Jamie Foxx alias « Django » dans « Django Unchained »

« Django Unchained » (2012) est un long métrage de trois heures réalisé par Quentin Tarantino. Dans l’ensemble, il s’agit d’un film de coy-bow, de style western spaghetti et qui se déroule dans le sud esclavagiste des Etats unis en 1858.

Le film met à l’affiche :

Jamie Foxx dans le rôle de Django Freeman, un esclave affranchi qui manie le pistolet avec brio, surnommé « La gâchette la plus rapide du Sud ».

Christoph Waltz dans le rôle du Dr King Schultz, un dentiste devenu chasseur de primes qui libère Django et le prends sous son aile.

Kerry Washington dans le rôle de Broomhilda von Shaft, demoiselle en détresse et épouse de Django vendue comme esclave que ce dernier essaye de retrouver et de libérer.

Leonardo DiCaprio dans le rôle de Calvin J. Candie, maître de Broomhilda et propriétaire de Candyland, une immense plantation esclavagiste dans le Mississippi.

Samuel L. Jackson dans le rôle de Stephen, esclave de maison à Candyland, et sorte de « Oncle Tom » de la pire espèce.

Avertissement:

  • Le film est extrêmement violent – le sang gicle à profusion, il éclabousse même. Les Noirs sont fouetté, marqué, torturés et tués. On est déchiquetté par les chiens.
  • Le mot « Nègre » est utilisé constamment –  en moyenne une fois toutes les 90 secondes.
  • Le Ku Klux Klan est tourné en dérision.
  • Django est acolyte du Dr Schultz durant plupart du film.
  • Les stéréotypes et les clichés sont présents :
  • Stephen comme l’ Oncle Tom: Genre les noirs aimaient le statut d’esclaves.
  • Django comme une brute Noire: les hommes noirs, une fois libérés, sont irrésistiblement violents, et ont peu de considération pour la vie humaine. Un stéréotype comme le Ku Klux Klan lui-même, est né de la peur qu’avaient les blancs des noirs affranchis – lorsque ceux ci devenaient comme Django, déchaînés.

Ces remarques pourraient mettre le spectateur novice mal à l’aise.

Ce que j’ai aimé par contre :

Meilleure scène : « Je suis habitué aux Américains », réponds Django quand on lui demande pourquoi il n’est pas dégoûté en voyant des chiens déchiqueter un homme en pièce.

Priceless : La demoiselle en détresse est une belle femme noire cette fois, et pas une belle femme blanche pour la millionième fois. La mise en scène dans le contexte déshumanisant de l’esclavage le rend encore plus puissant.

Contrairement à « Lincoln »  de Steven Spielberg (qui sort le 30janvier), Django Unchained montre :

  •  les maux de l’esclavage, la violence et la déshumanisation (peut-être un peu trop amoureusement)
  • le Justicier noir – du moins, pour la dernière demi-heure.

L’exactitude historique du film :

la plupart des actes de violence exercée contre les esclaves étaient vrais, même la punition de la hot box dont est victime Broomhilda. Il est était de même pour la politesse des domestiques en maison en langue française et l’utilisation commune des mots « Nègre » et « Negro ». Beaucoup d’esclaves savaient monter à cheval et tirer au fusil, 8% environs seulement savaient lire. Il n’existe par contre aucune preuve solide pour la lutte mandingue. Il n’y avait à l’époque pas de Ku Klux Klan. L’Oncle Tom et les stéréotypes de la brute noire sont extrêmes et donc trompeurs, plus une création de la peur et du fantasme des blancs que de la réalité.

Le terme « Nigger » :

Tarantino a défendu son envie de vouloir être fidèle à l’époque. Il l’utilise à peu près aussi souvent que Mark Twain l’a fait dans « Huckleberry Finn » (1884). Mais Tarantino est aussi un fan bien connu de cette expression dans d’autres registres.

Test de Bechdel du racisme:

les Blancs font la plupart de la conversation. Les personnages noirs parlent surtout aux blancs, rarement à d’autres noirs. L’histoire d’amour noir-noire ne sert que de fil directeur à l’intrigue. Django est le plus souvent un bras droit, jusqu’à ce que Tarantino ait besoin de son dénouement final en bain de sang.

Abagond is my pen name. I am a computer programmer who has lived mostly in or near New York City. Although I tend to think of myself more individually, I am in fact part of the middle-class West Indians (the black English-speaking people from the Caribbean: Jamaica, Trinidad, Barbados, Grenada, Bahamas, Guyana, etc.).
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4 Commentaires pour “Ma critique de « Django Unchained », le nouveau Western de Tarantino”

  1. laeth (1 Commentaires)

    j ai vu le film j ai aimé sans plus.
    Mais j aime encore plus votre critique!

  2. Bar Abbas (1 Commentaires)

    Mon Dieu, le film est déjà politiquement correct, mais votre critique parvient à faire encore plus politiquement correct. Alors là, chapeau bas! La société du spectacle a de beau jour devant elle…
    Pour une critique alternative : http://idiocratie2012.blogspot.fr/

  3. raphael (1 Commentaires)

    je me permet une correction, concernant l’inexactitude historique : il n’est pas question de kux kux clan dans ce film.
    Et je ne peux m’empêcher d’ajouter concernant les stéréotypes qu’ils sont plus qu’assumé par l’auteur, regardez la scène ou django écoute le mythe de siegfried en demandant « et après ? » comme un enfant.

    Et j’ajoute que django me semble beaucoup moins violent que le monde qui l’entour. tout est question de comparaison.

    merci de m’avoir lu

  4. katou (1 Commentaires)

    En tant que cinéphile,j’ai bien aimé « django unchained ». Mais il faut reconnaitre que c’est un peu enjolivé vers la fin.Où tarantino présente une forte de justicieux noir dans une Amérique très raciste qui tue sans pitié des blancs.Si on est vraiment dans cette Amériqque esclavagiste et raciste,je ne donne chère de la peau de django après son carnage à candiland. Du reste, il faut avouer que c’est un fim remarquablement bien tourné.

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