Le Blanc d’Eyenga : « Une (un) bon(ne) noir(e), ça ne se cherche pas… Il (elle) vient seule ». A bon entendeur…

Posté par le 13 juin 2013. inséré dans A la Une, Cinema.

le blanc d'eyenga

En avril 2013, la communauté camerounaise découvrait « Le blanc d’Eyenga ». Ce fut le « gangnam style » 2013 du Cameroun.

La nouvelle s’est propagée comme une trainée une de poudre. On m’a dit que, on a dit que, on t’a dit que « le blanc d’Eyenga » c’est la mort seulement ! 37000 vues sur Youtube en quelque  jours seulement, Chouchou Azonto bien sûr a tout fait pour partager au maximum.Toujours en retard, et trop encrée dans mes propres soucis, je n’ai pas eu le temps de regarder malgré tout le tapage.

Il y a un mois et demi, en voyage à Montréal, je me suis laissée trainer à la soirée de clôture du Festival « Vues d’Afrique » par Michouz.  Sur la piste, je trouve Michouz dans un dur kuduro avec un djo qui essaie de la suivre tant bien que mal. J’adore tous les détails de la rencontre !

Michouz : C’est lui « Thierry Ntamack » du « Blanc d’Eyenga »,

Moi : Ah ok. En mode, ok mais sinon Thierry Ntamack so what, si ma sœur dit que c’est quelqu’un alors c’est sans doute quelqu’un.

Elle me dit qu’elle le présentera plus tard. Après, je vais m’asseoir avec mon cousin qui était un peu ailleurs, sonné par une mauvaise nouvelle reçue. En bon Kmer, ministre des affaires des autres, il commence les divers sur le gars d’autrui qu’on observe sur la piste endiablé dans son cours de kuduro improvisé et surtout gratuit offert par Michouz des ways !

Mon cousin : Mince le djo a une pointini qui tue. Il danse sa chose, il s’enfout de vous.

Moi : C’est sa ceinture qui me tue, il est suur de lui.

Moi : Il paraît que c’est Thierry Ntamack, le réalisateur du « Blanc d’Eyenga ». Tu as vu le film ? Moi je n’ai pas encore vu.

Mon cousin : Tu es sérieuse ?  Le Molla ? Attends, je m’en vais le saluer. Mon cousin se dirige vers Thierry d’un pas décidé en me plantant là.

Je l’ai suivi intriguée. C’est ainsi que j’ai rencontré Le Molla de Mboamanga, rigolé comme jamais, découvert « Le blanc d’Eyenga », et acheté le DVD du film à Montréal il y a un mois.

Après cette rencontre inattendue qui m’a surtout fait me poser beaucoup de questions sur ma propre vie, des questions à poser à Thierry ont fusé, et je les ai mises sur papier en espérant avoir l’occasion d’interviewer Thierry pour Angazamag le magazine de Néo mon personnage préféré du moment .

Dimanche dernier, j’ai enfin pu avoir l’occasion de rencontrer Thierry à Paris, épuisé, mais avec aucune intention de s’arrêter ! J’ai enfin pu lui poser toutes les questions dont la liste n’a fait que s’allonger depuis notre dernière rencontre il y a un mois.

Mamisie: Que faisais-tu à Montréal ?

T. NT. : J’étais invité au Festival Vues d’Afrique à Montréal du 26 avril au 5 mai, où mon film « Sur la route d’un ange » a remporté une mention spéciale du jury.

Ah ok. On se retrouve un mois plus tard à Paris. Tu m’as l’air épuisé, moins drôle que la dernière fois, mais je lis une détermination très calme chez toi. Qu’est ce que tu as fait depuis le 5 mai ?

T. NT. : (Sourire). Je voyage pas mal pour vendre mes dvds et préparer le tournage du Blanc d’Eyenga 2. Aujourd’hui je suis à Paris pour contacter les associations et restaurants camerounais de Paris afin de vendre mes dvds et lever des fonds pour la production du Blanc d’Eyenga 2.

Mamisie: Ou vis-tu actuellement?

T. NT. : Entre Paris, Douala et Yaoundé

Mamisie: Quelle idée d’avoir mis ton film gratuitement sur Youtube en Avril Dernier? C’est finalement de là qu’est né le buzz sur le film.

T. NT. : Je n’ai jamais mis mon film sur Youtube. Un pirate s’est chargé de le faire, je ne sais dans quel objectif.

Mamisie: He ben ! Ou peut-on trouver le DVD ? Combien ça coûte ?

T. NT. : A Paris, mon DVD coûte dix euros et on peut le trouver chez « La chinoise » à la rue poulet Metro- Château-Rouge et au restaurant « LE KMER » à gare du Nord.

Mamisie: C’est quoi ton projet « Le cinéma au prix d’une bière » ?

T. NT. : C’est une opération qui vise à relancer le cinéma dans mon pays le Cameroun, à faire des films intéressants avec peu de moyens, à inciter les Camerounais à participer au financement de NOTRE cinéma. Comme quoi, si il y’a de l’argent pour la bière, on peut en trouver pour faire des films qui coûteront le prix d’une bière !

Mamisie: Comment a été financé le film ?

T. NT. : Par mes propres fonds et croyez-moi, je suis encore endetté.

Mamisie: Quel est le plus beau moment du tournage pour toi ?

T. NT. : Quand l’argent est fini de mes poches et que j’ai dû aller sur Facebook solliciter l’aide de beaucoup de personnes qui ont eu la main sur le cœur. L’argent est venu de partout, de Boston, du Guatemala, de pays dont j’ignorais même l’existence. J’ai écrasé une larme lorsqu’un lycéen de Kaélé, dans le Kapsiki – Nord du Cameroun m’a envoyé une somme de 5000 FCFA. Là je me suis dit, le Blanc d’Eyenga, ce n’est pas MON film, c’est le film d’un PEUPLE. Le cinéma au prix d’une bière c’est aussi un cinéma plus proche de son peuple.

Mamisie: Le pire souvenir ?

T. NT. : Le pire souvenir c’est d’avoir été abandonné par certains de nos comédiens et techniciens quelques jours avant le tournage. Mais il n’y a aucune rancœur, et je souhaiterai travailler avec ces personnes à l’avenir parce que je me dis que je n’ai sans doute pas réussi à les convaincre de me suivre à ce moment là.

Mamisie: Le lendemain, après avoir enfin regardé « le blanc d’Eyenga », toute seule parce que tous mes frères l’avaient déjà vu, de nouvelles questions ont fusé. Personnellement, je suis une anti-conformiste et ce film m’a rendu tellement fière d’être camerounaise que mes pieds ne touchent plus le sol aujourd’hui. Les personnes qui savent se regarder dans le miroir sans baisser les yeux comprendront. Pour moi, le Cameroun c’est MON paradis, mais chacun doit faire un tour en Enfer afin de mieux apprécier son paradis, hein Chouchou ? De ce fait,  j’encourage toute personne qui en ressent l’envie et est prête à tout, à tout faire pour faire son tour en Enfer. Plus vite c’est fait, plus dur c’est, plus vite on court au Paradis, mieux on apprécie SON paradis. La preuve, moi je suis encore dans mon Enfer, parce que je veux vivre un Paradis qui sera à la hauteur de Mon enfer ici!

Anyway! J’ai promis à mon cousin, après un débat de  te poser une question, même si je trouve que cette question n’a pas lieu d’être. Est-ce que tu ne penses pas que ton film qui montre la pauvreté de Mboamanga ne va encourager des filles à continuer  à rêver du Blanc ou rien?

T. NT. : Rêver du Blanc est un fait. Et vu le contexte de misère dans lequel beaucoup d’africaines évoluent, on peut le comprendre et le respecter car rêver du Blanc pour beaucoup d’entre elles est synonyme de sortie de la misère. En tant que cinéaste ma véritable problématique était de m’interroger sur jusqu’où on est prêt à aller pour trouver un « Blanc ».

Mamisie: Finalement, le film est peu trop KMER, de mon point de vue, des non KMER, ou plutôt des non amis du KMER ne peuvent pas tout comprendre, est-ce voulu ?

T. NT. : Ma première cible était les camerounais. Je voulais faire un film qui réconcilie les camerounais et l’histoire de leur cinéma et à ce niveau, je suis satisfait. Maintenant, de part les statistiques au FESPACO à Ouagadougou, j’ai le retour que beaucoup d’Africains ont autant ri sinon plus au film parce que l’intrigue, les acteurs, la thématique ont permis à des téléspectateurs de divers horizons de s’identifier. J’en suis honoré et j’espère que ça va continuer ainsi. Je fais confiance à l’ouverture d’esprit des camerounais pour faire apprécier encore mieux les subtilités KMER du film à leurs amis d’autres pays.

Mamisie: Il y’a quelques jours, grâce au blog d’une autre de mes personnalités préférées du moment, j’ai découvert le reportage sur TSR, Il paraît que tu vas faire changer les lois en Suisse, mais bon no comments, ce serait l’objet d’un nouvel interview d’en parler. Ce documentaire m’a rendu encore plus fière d’être KMER, on fait même changer les lois, on est trop forts! Tchuuup. J’ai une seule chose à dire à mes sœurs Camerounaises, « je vous confirme ce que vous savez déjà, vous valez de l’or, vous le savez et comme a dit une vraie Kmer en recherche active de Blanc dans le reportage, « Il faut croire à ce qu’on fait, ce qui est tombé dans ton  filet, alors tu l’as pêché » !  Moi je suis trop fière d’âtre Kmer quand j’entends la sagesse de ce genre de commentaire, sans ironie aucune ! Comme on dit au KMER, mes sœurs, vous êtes déjà en France avec tous vos papiers, les femmes les plus convoitées au monde, si ce n’est pas trop dur, ne descendez pas trop bas, on n’est plus à cette époque, c’est le blanc qui doit nous chercher, parce que chez eux, c’est la crise, le chômage, la stagnation, la vieillesse, la décadence alors que « notre jour dont Corneille parlait » est arrivé. C’est la croissance, ça bouge, c’est la joie, la jeunesse.

(Thierry me regarde, je sais qu’il se dit, « la go ci va toujours me wanda ! C’est moi qui réponds à l’interview ou c’est elle? ». Mais il ne dit rien, il attend que je me calme pour continuer l’interview.)

C’est reparti !

Mamisie : Pour finir, parlons maintenant au Molla.

Pourquoi le Molla aidait Eyenga alors que lui-même il voulait Eyenga ?

T. NT. : Le Molla et Eyenga ont un point commun, c’est l’ambition et l’envie de se faire du pognon. Sauf qu’entre escroquerie et amour, ça tourne au vinaigre.

Mamisie : Un Kmer « NORMAL » fait comment pour avoir une go « BIEN » comme Eyenga au Cameroun ? Parce que même les dos du Mola n’intéressaient pas Eyenga, elle voulait juste avoir un Blanc.

T. NT. : Vraiment! Je ne sais pas.

Pourquoi le gars qui est venu chercher la mater était mignon comme ça ? Moi c’est ma scène préférée ! Quand la maman et Papi se regardent, mon esprit tordu se dit que Papi et la maman se sont dits: Il vient te chercher ou il vient me chercher ? Parce qu’avec les jeunes d’aujourd’hui on ne sait plus !#mariage pour tous #couguar.com. D’où le titre de cet interview « Une (un)  bon (ne) noir (e), ça ne se cherche pas… Il (Elle) vient seul (e) ». Je suis tordue, je sais lol.

T. NT. : (Rires). Je lui transmettrai. C’est la magie du cinéma parce que ce n’est pas un acteur, c’est un technicien de son de l’équipe du tournage. C’est marrant, il a remplacé un acteur manquant à la dernière minute.

Mamisie : As-tu quelque chose à dire à tous ceux qui n’ont pas encore vu le film ?

T. NT. : Soutenez le Blanc d’Eyenga 2.

Mamisie : Et à ceux qui ont vu le film ?

T. NT. : Soutenez le Blanc d’Eyenga 2 pour le cinéma Camerounais.

Mamisie : Quels sont tes projets à court-terme?

T. NT. : Lever les fonds dans le monde entier pour la production du Blanc d’Eyenga 2 qui va coûter cher, très cher car il va être tourné à 70% en Europe et 30% au Cameroun.

Mamisie: Si je comprends bien, l’aventure « Le Molla, Eyenga » va continuer. Peut-on avoir une idée de la suite ?

T. NT. : Tout ce que je peux dire pour la suite, c’est que grâce à Molla, Eyenga trouve un nouveau Blanc et cette fois ; ça marche ! Eyenga monte à Paris pour une nouvelle aventure.

Pour soutenir le Blanc d’Eyenga 2, quelque soit le moyen, moral, propositions, financier, une heure de votre temps, etc… écrire à thierry.ntamack(at)gmail.com.

Mamisie : Merci Thierry, affaire à suivre….

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AUTEUR: mamiSie
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2 Commentaires pour “Le Blanc d’Eyenga : « Une (un) bon(ne) noir(e), ça ne se cherche pas… Il (elle) vient seule ». A bon entendeur…”

  1. MOdeste (1 Commentaires)

    Haha Molla, un gars amusant, l’interview etait captivante et interessante

  2. ToiTuCreuses (32 Commentaires)

    SI l’auteur de cet article considère vraiment la France comme l’Enfer, comme un pays décadent, vieux et sans avenir, ( assez révélateur de l’ignorance de l’auteur ) et bien je l’encourage à dégager prestement ça évitera qu’elle gangrène mon beau pays. Qu’elle ne fasse surtout pas d’enfants ici et qu’elle évite par dessus tout de faire venir sa famille au moyen de l’absurde  » regroupement familiale « .

    Et j’encourage tout ses compatriotes qui pensent comme elle à faire de même ! Du balai !

    PS : le blanc ne vous cherche pas… Trouvez moi un cadre beau et intelligent qui vient chercher l’amour au Cameroun. Bonne chance. Vous n’avez droit qu’à ce qui ce fait de plus bas dans la recherche d’un partenaire, un vieux pervers sur la fin qui rêve de tremper le biscuit paisiblement avec une femme soumise et plus jeune. J’appelle ça de la prostitution. Vous considérez que des tapins sont les femmes les plus désirées du monde… est-ce bien vous qui avez employé le mot « décadence » ?

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