Django Unchained : Accusé de promouvoir le racisme anti-blancs

Posté par le 22 janvier 2013. inséré dans A la Une, Cinema, News.

django

Nombreuses occurrences du terme “Nigger”, meurtres de Blancs par un esclave noir et trop-plein de violence : le nouveau film de Quentin Tarantino avait tous les ingrédients pour déclencher la polémique aussi bien chez les noirs que les blancs. Aux Etats-Unis, plusieurs membres du showbiz et de la communauté noire se sont érigés contre ce qu’ils considèrent comme un film au mieux irrespectueux, au pire raciste. Du coté des afro-américains, Spike Lee semble être le seul à s’être ouvertement offusqué du fait que l’esclavage soit sujet à un film Western Spaghetti. Car les afro-américains dans leur immense majorité ont globalement aimé le film, comme le montre ce sondage réalisé par le Hollywood Reporter.

Pour les conservateurs américains par contre,  le film met trop en lumière le racisme blanc. Car Django Unchained raconte l’histoire d’un esclave (Jamie Foxx) qui se venge d’un esclavagiste (Leonardo di Caprio) car celui-ci garde sa femme prisonnière (Kerry Washington), le tout à la sauce Tarantino, c’est à dire baigné dans l’ultra violence.

Jeffrey T. Kuhner , conservateur blanc, écrit par exemple dans son article dans The Washington Post 

“l’intolérance envers les Blancs fait partie de notre culture postmoderne. Prenez Django Unchained. Ce film se résume à un thème central : l’homme blanc est le diable – un fléau moral qui doit être éradiqué comme un virus mortel.”

Django Unchained

Ce qui dérange les Américains (du moins les Blancs) au fond, ce n’est pas vraiment le fait que Tarantino soit violent. Ce qui dérange c’est que cette violence est dirigée contre les Blancs. Car d’habitude, les films traitant de l’esclavage ou de l’oppression d’une minorité sont centrés sur un blanc “Le White Savior” (Sauveur Blanc) qui sauve les Noirs (ou non-blancs), passifs et incapable de se défense eux même. C’est le cas dans Amistad, District9, Gran Torino, The Help (La couleur des Sentiments), Avatar, et plein d’autres films du même acabit. Donc les blancs peuvent d’identifier a un personnage positif, une sorte de « Messie » et sont toujours au centre de la narration. Ça les rassure en quelque sorte et leur fait se sentir moins coupables.

Sauf que dans le Tarantino, et comme dans l’Histoire de l’Humanité qu’Hollywood aime ré-écrire les Blancs ne sont pas des sauveurs, loin de là. Les esclaves noirs se défendaient tout seul dans la majorité des cas. Ils sont actifs. Ce que Tarantino donne à voir dans le film à travers le personnage de Django. D’ailleurs il ne s’agit même pas d’une critique caricaturale de l’homme blanc mais des sudistes américains de l’époque. Car le seul blanc sympathique, le Dr Schlultz, n’est même pas américain mais allemand. Sans aller jusqu’à prétendre que Tarantino est un cinéaste engagé, force est de constater qu’il aime bien filmer des minorités ou des personnes faibles qui prennent violemment leur revanche sur leurs oppresseurs. La plupart des films de vengeance de Tarantino tendent à suivre une trajectoire prédéfinie.  Un méchant fait quelque chose de vraiment horrible. Un gentil (ou moins méchant) apparaît et décide de le lui faire payer. C’est le cas des Noirs qui se vengent des esclagavistes blancs dans Django Unchained, des femmes (enceintes) contre les hommes machos dans Kill Bill, des juifs contre les nazi allemands dans Inglorious Basterds, etc. Tarantino est simplement un spécialiste acclamé de la série B : tous ses films sont des « hommages »  à des films de seconde zone, et pas des leçons de morale. La blaxploitation, la jewsploitation, le western spaghetti., le rape and revenge, la bruceploitation… ça a toujours été sa spécialité.

Les Américains, comme les Français sont dans une sorte de panique culturelle de reverse-racism, racisme anti-blanc, la perte du mâle Blanc devant les féministes et anti-racistes démoniaques. Il faut aussi dire que la question de la « culpabilité blanche » ( les blancs assumant tout ou partie des souffrances du monde comme étant de leur faute) est elle aussi très présente aux USA, avec une prolifération de groupes craignant que les blancs ne soient persécutés (ou en tous cas discriminés contre) pour les crimes de leurs ancêtres. C’est là le vrai problème des détracteurs de Tarentino. Hugo exprime d’ailleurs assez bien (et avec humourà ce sentiment dans sa mini vidéo Youtube ci dessous.

 

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