Le secret du succès de la Zumba, ou comment faire de la danse Hip-Hop pour blancs.

Posté par le 16 mai 2012. inséré dans A la Une, Entrepreneurs, Musique.

Shakira, ambassadrice de charme de la Zumba

Il y a quelques jours, discutant de la polémique créée par le récent concours Miss Black France, je lâchais sur twitter ma vision des initiatives des entrepreneurs issus des minorités et de la nécessité de s’ouvrir au delà de la communauté. je disais qu’à mon avis, toutes les initiatives entreuprenariales pouvaient se classer en trois grandes catégories : For Us By Us, For Others By Us, et For Us by Others. Soit en d’autres termes : Pour Nous Par Nous, Pour les Autres Par Nous, et Pour Nous par Les Autres. J’insistais sur la nécessité d’apprendre à créer des trucs « For us By Us », mais aussi « For Others By Us ».

Aujourd’hui donc, je présente un véritable cas d’école d’initiative For Others By Us pour expliciter mon point de vue. J’ai nommé la Zumba.

La Zumba est une nouvelle danse aérobic très populaire aux Etats-Unis. Arrivée en Europe et donc en France récemment, elle fait de plus en plus d’adeptes, spécialement au sein de la population féminine caucasienne de classe moyenne. En marchant dans Paris, je tombe régulièrement sur des affiches de « cours de Zumba ». De plus, 100% des femmes blanches entre 30 et 50ans que je connais sont inscrites à des cours de Zumba. Il n’en fallait pas plus pour que ma curiosité soit piquée et je me lance en quête de l’origine cet engouement pour la Zumba? Et c’est quoi ce truc au fait?

L’histoire est d’ailleurs marrante, parce que la danse Zumba est née par accident, un peu comme la plupart des dances improvisées sur les pistes de boite de nuit détour d’une soirée un peu alcoolisée. Sauf que son créateur Alberto « Beto » Perez, prof de fitness de son état, donnait des cours d’aérobic dans sa ville natale de Cali (en Colombie). Un jour de cours comme les autres, il s’est rendu compte qu’il avait oublié le cd de musique habituellement utilisée pour ses cours d’aérobic. Fouillant alors, dans son sac, il a sorti une compilation, mélange de musique salsa, merengue, reggaeton carribéen sur lesquelles il aimait danser chez lui. Il a alors dit à ses élèves que « le cours sera différent aujourd’hui ». A sa surprise, tous ses élèves ont adoré faire des exercices de gym et de cardio sur ces musiques qui « bougent ». Et voilà que l’idée de la Zumba était née. Se rendant compte du succès que rencontre cette façon de faire des exercices, Alberto Perez fait populariser la Zumba à Bogota (Colombie) avant d’aller à Miami (Etats-Unis) pour promouvoir son idée. En 1999, deux associés se joignent à lui pour faire connaître la Zumba au niveau international. Et c’est le point de départ du bizness…

Car la Zumba® (qui est une marque déposée aujourd’hui) est en effet un énorme business, une grosse machine à produire du cash. je dirais même que c’est la plus belle arnaque faite aux femmes blanches depuis les pilules amincissantes Alli et les régimes Dunkan. Hé oui! car marketing oblige, il ne fallait pas surtout parler de danse Hip-Hop, ni de danse Pop Latino, de peur que la quindam blanche qui a autant de souplesse dans les reins qu’un mikado ne se sente hors-compétition face aux latinos et aux noires. c’est alors que fut trouvée une formule qui parlerait mieux à la gogo. La Zumba est devenue « une danse pour maigrir, perdre du poids et bruler ses calories ». Les femmes ayant quasiment toute une lampe dans le cerveaux qui s’allume à chaque fois que le mot « maigrir » apparait quelque part, ce qui devait arriver arriva. Toutes s’inscrivent aujourd’hui dans des cours de Zumba, dans le but d’apprendre à danser de perdre quelques kilos et de garder la forme en s’amusant. L’entreprise Zumba est devenue une énorme franchise internationale qui vends des cours de fitness, des DVD, des Jeux vidéos, et même des fringues.

En apprenant tout, ça une question m’est venue à l’esprit. Pourquoi personne n’a jamais pensé à lancer des cours de Coupé-Décalé, de Kuduro ou de Bikutsi pour blancs? Il y a un marché à conquérir les mecs! Je suis sûr que si ces femmes savaient qu’en un seul samedi soir dans une boite afro, elles bruleraient en calories l’équivalent d’au moins dix cours de Zumba, nos DJ feraient fortune en moins de temps qu’il ne m’a fallu pour écrire cet article.

On me chuchote dans l’oreille que les Magic System sont déjà sur le créneau de la musique africaine du « bougé-bougé » pour les Blancs. Mais moi, je trouve ça plus agaçant qu’autre chose. D’ailleurs, mon ami Blingcool l’avait exprimé mieux que moi.

En tout cas, j’en connais au moins une qui n’aura pas besoin de s’inscrire à un cours de Zumba pour garder la forme physique :

 

I'm just a African Entrepreneur, Economist & Businessman. My personal mission statement: build an empire, aspire to inspire, leave a legacy, and change the world.
AUTEUR: Neo
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6 Commentaires pour “Le secret du succès de la Zumba, ou comment faire de la danse Hip-Hop pour blancs.”

  1. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    @ Neo

    Dis-donc ! cette jeune fille blanche danse vraiment très bien !

    Je crois même que le qualificatif est faible, elle est tout bonnement

    E-POUS-TOU-FLANTE !!!

    Avis aux Magic System, Mokobe et autres stars… ne la laissez pas filer avant de lui avoir fait signer un contrat, les gars ! Vous risqueriez de le regretter
    amèrement !

    Par ailleurs, ce que je trouve réconfortant, c’est le fait qu’en dansant à l’africaine, cette jeune fille blanche ne paraît pas faire montre des préjugés raciaux qui conduisent certains Blancs à afficher un complexe de supériorité
    vis-à-vis des Noirs.

    Quant à ton idée – très intéssante- de proposer des cours de Coupé-Décalé,
    Kuduro ou de Bikutsi aux Blancs, j’imagine qu’elle fait déjà cogiter certains hommes d’affaires .

    Le plus dur, me semble-t-il, ne sera pas de trouver des professeurs, mais plutôt
    suffisamment de salles adéquates !

    Bien à toi .

  2. MelWeen (51 Commentaires)

    Des cours de kuduro ou de coupé-décalé existent et les blancs sont libres de s’y inscrire en toute liberté ! Je connais des blancs qui prennent des cours de danse africaine, avec toute la panoplie boubou, tresses,…mdr

  3. Neo (110 Commentaires)

    Oui mais qui sont ces adeptes de cours de kuduro? Souvent des gens à tendances hippies / altermondialistes amoureux de l’Afrique (ou plutôt d’une certaine image de l’Afrique). Moi, je parlais de cours normaux où des gens normaux s’inscrivent.

  4. Telema (145 Commentaires)

    Je ne suis pas d’accord..

    Le Kuduro est une danse super populaire parmi les jeunes, donc t’as pas mal de toubabs qui prennent des cours pour maîtriser l’art de la danse des pieds..

    En revanche, les altermondialistes on les verra plus dans les cours de danse africaine je pense..
    Pour le zouk, no sé, moi qui suis la déesse de cette danse je ne sais pas si on pourrait exporter notre danse un peu partout..^^ Ahahahaha.

    Puis il y a des danses qui sont cheums tout de même..Par exemple le coupé décalé je n’ai jamais pu y adhérer à ce truc ni là a musique d’ailleurs, avec ce son fait à la va vite avec un ordi..Les Ivoiriens ont gâté mes oreilles.

  5. BoubalaJoe (110 Commentaires)

    @ Telema

    Bonjour
    ( ou Bonsoir ),

    Vraiment dommage que tu ne sois pas en faveur d’une exportation ou d’une diffusion du zouk à travers le monde !

    C’est vrai qu’en tant que danse de contact, le zouk inhibe ou freine les plus pudiques, mais c’est une danse qui exhale tant de sensualité et de joie de vivre qu’on en oublie rapidement ce petit inconvénient !

    Et si de surcroît tu es la déesse de cette danse, pourquoi donc ne pas saisir une éventuelle opportunité de l’ enseigner ?

    A ce propos, j’ai gardé un beau souvenir d’une leçon de zouk que m’avait donnée une des amies martiniquaises de l’une de mes soeurs.

    Pourtant, je ne crois pas être un mauvais danseur, loin de là ! Mais lors de cette soirée, cette Martiniquaise m’avait fait réaliser l’écart qui sépare le danseur de zouk – allez ! assez- bon quand même ! – de l’excellent danseur !

    J’avais tout bonnement réalisé – à mes dépens ( moqueries à l’ appui ! ) – les nombreux progrès que j’avais encore à faire !

    Bon, voyons le bon côté des choses, ce qui compte ce sont les progrès qu’elle
    m’avait fait faire lors de cette soirée, non ? ( Rires ) .

    Bien à toi .

  6. La lionne (1 Commentaires)

    @Neo

    Tu me fais trop rire ! « la quindam blanche qui a autant de souplesse dans les reins qu’un mikado » !!! LOL ! Ca pourrait être sorti de ma bouche ! Car je fais de la zumba moi aussi. Et là, j’ai souvent constaté que ces femmes, bien égal si elles ont 20 ans ou 50 ans, sont raides aux reins, très raides même. Mais c’est un peu normal car le bassin est une région tabou du corps des blancs !

    D’ailleurs, chez les blancs, les danses africaines (ou plutôt ca ce que ces gens prennent pour « danses africaines » 😉 ) sont de plus en plus en vogue. Ma copine Christine, elle était en vogue avant le temps car elle donnait des cours de bikutsi en Allmagne déjà en ..1995 !

    la lionne

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