L’art de démarrer un business sans capital : l’exemple du Magazine de mode afro Fashizblack

En trainant sur Facebook l’autre jour, je suis tombé sur une info qui a immédiatement attiré mon attention. Le Magazine féminin afro Fashizblack fondé par trois courageuses entrepreneurs, a lancé la semaine dernière un appel aux dons des internautes et des fans pour financer le Lancement du premier numéro de la version papier du magazine. A l’heure où j’écris ces lignes, le projet a déjà réussi à collecter un peu plus de 7000 $ sur les 40.000 $ nécessaires au projet. Soit à peu près 18 % du total en une dizaine de jours.

Je ne vais pas refaire un speech sur l’intérêt de soutenir un tel projet, qui s’il est mené à terme apporterais une véritable bouffée d’oxygène frais dans le paysage afro. Ceux qui aimeraient soutenir le projet ont jusqu’au 28 Aout prochain pour contribuer (sur le site kickstarter), et la contribution minimale s’élève à 5$. Je vais quand à moi juste parler de l’aspect « économique » de ce type de projet, et en particulier d’un autre levier que les promoteurs de Fashizblack  peuvent utiliser pour développer leur startup : le bootstrapping.

Certaines entreprises sont construites grace aux investisseurs. D’autres grace à l’ingéniosité d’entrepreneurs, qui réussissent à avancer sans recourir aux financements extérieurs, en faisant attention à tout, que ce soit faire des économies sur l'achat de matériel informatique ou de fournitures de bureau. Malgré le rêve de quelques entrepreneurs de rencontrer un VC avec des poches pleines et prêt investir dans leur idée, le fait est 99% des entrepreneurs se battent tout seuls, et développent leur startup sans recourir au moindre centime extérieur. C’est l’art du bootstraping, et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Avec un peu de chance et beaucoup de courage, un business autofinancé peut devenir un empire, et c’est quelque chose de très gratifiant tant financièrement qu’émotionnellement. Alors, comment démarrer sans recourir aux financements ?

1. Tester, et re-tester le marché

Déjà, bien que je soutienne l’initiative, je reste un peu sceptique face à la pertinence d’abandonner la version web de Fashizblack pour la version papier alors que tous les acteurs de l’industrie de la Presse font l’inverse. Compte tenu de l’évolution des technologies, de la disparité de la clientèle et du cout prohibitif d’impression et de distribution du papier, l’idéal serait de développer la version online (pour vraiment se différencier de ses concurrents) quite à le rendre payant, et à ne lancer la version papier que lorsque la version online serait réellement rentable. Se détourner du Web pour le papier me semble un erreur stratégique. A moins que l’industrie de la presse féminine n’ai des particularités qui m’échappent. La marge de progression de la version web de Fashizblak et énorme, et le potentiel de monétisation également.

Avant de dépenser de l’argent sur quoique ce soit, vous devrez sonder vos clients potentiels sur leur niveau d’intérêt pour votre produit. Demandez-leur comment ils l’utiliseraient, quelles caractéristiques ils pourraient aimer voir et combien ils seraient prêt à payer pour ça.

Cela aidera à valider votre modèle et justifier les dépenses en temps et en l’argent pour lancer votre produit. Le sondage aide aussi à déterminer les fonctionnalités dont vous avez besoin immédiatement, et celles qui peuvent attendre jusqu’à ce que vous gagniez plus pour les développer.

2. Tester la capacité du produit à générer du Cash rapidement.

37 Signal est une startup américaine qui a un credo  intéréssant : « The best way to safely create a new start-up company is to bootstrap and build a service that can make money as quickly as possible. »

En effet, si la version papier du magazine Fashizblack peut être distribué rapidement (ce dont je doute quand même), ce serait un moyen supplémentaire de développer la boite grace au chiffre d’affaire. Dans le meilleur des scénarios la boite peut procéder à des pré ventes des futurs numéros du Magazine et utiliser l’argent collecté pour produire lesdits numéros. Pourquoi ne pas proposer aux fans de payer à l’avance pour les 3 voire 5 prochains numéros ? Je suis presque sur qu’avec cette simple proposition, l’équipe collecterais les fonds deux fois plus vite.

3. Récompenser les participants autrement

La plupart des lecteurs pourraient donner quelques euros pour soutenir leur Magazine favori; mais très peu de personnes donneraient un montant élevé juste pour ça. Par « juste pour ça » j’entends « juste parce que c’est aussi soutenir une initiative de la communauté noire ». Dès lors, pourquoi ne pas proposer autre chose pour récompenser les gros donateurs (qui ne sont nécessairement pas des lecteurs ou des fans) ? Je ne suis pas particulièrement fan de magazine féminins, mais en tant que noir ET entrepreneur, je suis disposé à investir plusieurs centaines d’Euros dans un projet tel que Fashizblack en échange d’autre chose qu’une invitation à une fashion week. Si l’équipe ne désire pas ouvrir son capital aux investisseurs externes, elle peut emprunter, pré-vendre des encarts publicitaires, nouer des partenariats, participer à des concours de startup, etc.

Dans tous les cas courage à l’équipe Fashizblack, et nous espérons vivement les voir en kiosque en janvier prochain comme prévu.

Si vous voulez soutenir leur projet, c’est par là.

Neo

I'm just a African Entrepreneur, Economist & Businessman. My personal mission statement: build an empire, aspire to inspire, leave a legacy, and change the world.

Une pensée sur “L’art de démarrer un business sans capital : l’exemple du Magazine de mode afro Fashizblack

  • 19 juillet 2011 à 15 h 22 min
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    je soutiens à 100% ce projet et je trouve la démarche très intéressante.

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