Les femmes peuvent-elles « tout avoir » ? Le féminisme version « génération Y »

Posté par le 28 juin 2013. inséré dans A la Une, Emploi et carrières.

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(photo : Olivia Pope)

16 Juillet 2012 : Marissa Mayer, tout juste nommée PDG de Yahoo, annonçait sa grossesse au magazine américain Fortune. « Je veux rester dans le rythme. Mon congé maternité ne durera que quelques semaines et, pendant ce temps, je continuerai à travailler », avait-t-elle affirmé à Fortune (non sans avoir ironiquement dans le même temps, décidé de sanctionner tous les employés qui travaillaient de chez eux). En effet, trois semaines environ après son accouchement, elle était de retour au bureau.

Marissa Mayer au CV en béton, n’est pas la première femme à accéder aux plus hautes fonctions dans une multinationale tout en conciliant carrière professionnelle et obligations familiales. Parallèlement, une autre femme s’est lancée dans le même combat.

Sheryl Sandberg, actuelle PDG de Facebook, diplômée de Harvard (première de sa promotion), ex-directrice de cabinet du secrétaire du Trésor, ex-vice-présidente de Google, maman de deux jeunes enfants,  multiplie les conférences et les apparitions dans les médias pour expliquer aux jeunes femmes que la vie familiale ne doit pas être un obstacle à la vie professionnelle. Au contraire, elle incite les futures diplômées à être ambitieuses et sûres d’elles pour  s’imposer face aux hommes aux postes les plus prestigieux. C’est une femme qui a fait de son mot d’ordre un livre qui a suscité la polémique, « En avant toutes » (dont elle a déjà vendu plus de 500.000 exemplaires).

Si des « working girls » féministes comme elles sont de plus présentées comme des modèles aux petites filles, un débat a commencé à naître ces derniers temps aux USA sur l’évolution de la place des femmes dans la société post-moderne.

Tout le monde n’est pas d’accord sur la question de la conciliation entre vie professionnelle et familiale pour les femmes. Fin juin de l’année dernière, Anne Marie Slaughter, ancienne directrice de la planification politique de Hillary Clinton, ouvrait le bal en publiant, dans le journal Atlantic, un article très remarqué, « Why women can’t still have it all » (« Pourquoi les femmes ne peuvent toujours pas tout avoir »).  Dans son article, elle s’interrogeait. «Où sont les femmes qui sont sorties des meilleures universités, comme moi, bardées de diplômes ? N’étaient-elles pas aussi nombreuses que les hommes à la mise des diplomes ? « Nous étions sûres que nous vivrions dans un monde paritaire. Quelque chose a fait dérailler ce rêve. » Peut-être, pense-t-elle, le moment est-il venu de dire la vérité à ces jeunes femmes qui sortent aujourd’hui, plus nombreuses déjà que les hommes, des universités et grandes écoles : « non, vous ne pourrez pas tout avoir: pouvoir, amour, maternité et bonne conscience. On nous a menti. »

Anne Marie Slaughter est pourtant une grande figure de l’élite américaine. Professeur à la prestigieuse université de Princeton après avoir enseigné à Harvard et à Chicago, habituée des conférences internationales, oratrice intrépide, forte personnalité, sa réputation académique dépasse largement les frontières américaines. Et elle a un mari, lui aussi brillant universitaire, et deux garçons adolescents. La famille de rêve quoi! Tout allait bien pour elle jusqu’à ce que Hillary Clinton, appelée à diriger la diplomatie américaine par le président Obama, lui propose de prendre, en janvier 2009, la direction du centre de prospective du département d’Etat, le « Policy Planning », un poste prestigieux et important. C’est une proposition qui ne se refuse pas, surtout quand on est la première femme à qui elle est faite. Son mari modèle l’y encourage, il s’occupera des enfants. Et elle fera tous les week-ends, en train, l’aller-retour Washington-Princeton, une affaire de trois heures.

Dix-huit mois plus tard, Anne Marie Slaughter réalise qu’elle « n’y arrive pas ». Malgré toute la bonne volonté du père, l’absence de la mère n’est pas sans conséquences (c’est du moins ce qu’elle pense) sur son fils de 14 ans, en pleine crise d’adolescence. Ses week-ends se résument à une course exténuante entre le boulot à distance, les devoirs et les corvées domestiques. Sournoisement, le sentiment de culpabilité s’installe. Elle se confie à une amie qui lui sort : « Allons, toi qui as tout, comment pourrais-tu ne pas y arriver ? » Au bout de deux ans, Anne Marie Slaughter démissionne et retourne aux horaires universitaires de Princeton, plus compatibles avec sa vie de famille.

Un problème de privilégiées blanches

D’autres ironisent sur cette complainte de nanties, mais les femmes de tous bords sautent à pieds joints dans cette « conversation ». Car si, justement, même les privilégiées, celles qui ont des diplômes, de l’argent, un mari, des nounous, et une femme de ménage « n’y arrivent pas », alors quel espoir reste-t-il à la caissière du supermarché? Quels choix s’offrent à la femme de ménage? A quoi ça sert de faire des études si c’est pour finir mère au foyer? Qui gardera les enfants pendant qu’on sera dehors à courir après la gloire et l’argent comme les hommes ?

Une nouvelle forme de féminisme afro pourrait apporter un début de réponse.

I'm just a African Entrepreneur, Economist & Businessman. My personal mission statement: build an empire, aspire to inspire, leave a legacy, and change the world.
AUTEUR: Neo
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